Pour Manuel Valls, Emmanuel Macron est "méchant" et n'a "pas de limites"

Emmanuel Macron et Manuel Valls dans la cour de Matignon, le 10 mars 2016. 
Emmanuel Macron et Manuel Valls dans la cour de Matignon, le 10 mars 2016.  (CITIZENSIDE/YANN KORBI / CITIZENSIDE)

L'ancien Premier ministre ne mâche pas ses mots à l'égard du nouveau président de la République, dimanche, dans les colonnes du "JDD".

Manuel Valls ne semble toujours pas avoir digéré la façon dont il a été écarté d'une investiture La République en marche en vue des élections législatives dans sa circonscription de l'Essonne. Dans les colonnes du JDD, dimanche 14 mai, l'ancien Premier ministre raconte comment il a vécu cette semaine à rebondissements. "À la fin, il n'y a rien de magnanime dans cette histoire, estime-t-il. On joue jusqu’au bout, on l’humilie, on l’isole pour finir par une solution de compromis." Puis il s'en prend à l'équipe qui entoure le nouveau chef de l'Etat : "Mais ils l'ont fait de manière tellement appuyée que ça s'est retourné contre Macron. C'est devenu le cas Valls." 

Il dit d'ailleurs être "extrêmement lucide sur Macron et sur son équipe". Pour lui, "Hollande est méchant, mais dans un cadre. Macron, lui, est méchant, mais il n’a pas de codes donc pas de limites." 

S'il a pensé à arrêter ? La réponse est oui. "Après ma défaite à la primaire, j'ai réfléchi à arrêter, oui." Mais "au moment où survient la recomposition que j'ai toujours souhaitée, je vais être spectateur ? Non ! Je veux être dans cette séquence."

"On a besoin de moi au Parlement"

Le cas de Manuel Valls, qui a défrayé la chronique ces derniers jours, a fini par être tranché. L'ancien Premier ministre ne recevra pas l'investiture de La République en marche, car il "ne respecte pas tous les critères requis", a indiqué Richard Ferrand, le secrétaire général d'En marche !.

Député depuis 2002, il a déjà cumulé trois mandats à l'Assemblée nationale. C'est le maximum fixé par le mouvement pour accorder son investiture. Mais afin de "ne pas l'humilier et ne pas être dans la vindicte", La République en marche n'investira pas de candidat contre lui. Manuel Valls est en tout cas sûr d'une chose : "On a besoin de moi au Parlement", conclut-il son entretien au JDD