Les sympathisants du Tea Party "rêvent d'une Amérique mythologique qui n'existe pas"

Défilé Tea Party à Phoenix (Arizona, 22 octobre 2010)
Défilé Tea Party à Phoenix (Arizona, 22 octobre 2010) (AFP/Joshua LOTT)

"C"est la réaction d"une Amérique blanche qui sent que son pays lui échappe", estime François Durpaire, historien et co-auteur en 2007 de "L'Amérique de Barack Obama"."Les Tea parties rêvent de l"Amérique des cow-boys. Sans Indiens, sans Noirs, sans hispaniques. Une Amérique mythologique qui n"existe que dans leur tête".

"C"est la réaction d"une Amérique blanche qui sent que son pays lui échappe", estime François Durpaire, historien et co-auteur en 2007 de "L'Amérique de Barack Obama".

"Les Tea parties rêvent de l"Amérique des cow-boys. Sans Indiens, sans Noirs, sans hispaniques. Une Amérique mythologique qui n"existe que dans leur tête".

"Ce sont des Américains qui veulent retrouver 'leur pays', largement imaginaire, et ne supportent pas d'"avoir un président qui a un père kenyan et un beau-frère chinois", juge l'historien, qui a répondu à nos questions vendredi 29 octobre sur ce mouvement de l'Amérique blanche, opposée à l'Etat fédéral et aux impôts (voir aussi notre diaporama

Quel est le poids réel des Tea Parties, très présents dans les médias ?

François Durpaire : "Les Tea parties sont plus bruyants que nombreux : une nébuleuse de quelques milliers de personnes, avec une forte capacité à se faire entendre et une caisse de résonnance médiatique disproportionnée.

C'est un mouvement qui compte beaucoup de retraités, même s'il met plutôt en avant des femmes relativement jeunes comme Christine O"Donnell ou Sarah Palin.

Mais la réalité de l"Amérique d"aujourd"hui, c"est celle de la mixité, comme le montrera probablement le recensement qui sera rendu public en 2011.

Les Tea Parties, ce n"est pas toute l"Amérique, mais un mouvement minoritaire. Une droite extrême, qui risque de pénaliser les Républicains pour 2012. Si le Tea Party parvient à entraîner les Républicains dans son sillage, un boulevard s'ouvre pour Barack Obama".

Quel serait l'impact pour le président américain d'une défaite aux élections du 2 novembre ?
"Lors des élections de mi-mandat, les président ont toujours perdu soit la chambre des représentants, soit le Sénat, soit l'ensemble. Il y a deux exceptions : Jimmy Carter et Lyndon Johnson, qui n'ont pas fait de 2e mandat (Carter a perdu, Johnson ne s'est pas représenté). Les Américains ont l'habitude du "divided governement" (gouvernement "divisé", cohabitation à l'américaine"), de la négociation entre les différents pouvoirs.

Dans la perspective 2012 ?
"Barack Obama devra remobiliser les jeunes - 24 millions d'entre eux avaient voté à la présidentielle, dont les deux tiers pour le candidat démocrate. Mais l'essentiel, dans les deux ans à venir, ce sera la situation économique. "On n'est pas des magiciens, ce sera très long", avait prévenu Obama, lors de sa campagne présidentielle. Mais pour l'instant dans le match "Obama versus crise", c'est plutôt la crise qui gagne."

-> Voir aussi :

-> Lire aussi (archives) l'interview par Maïté Koda de François Durpaire en 2008 lors de la parution de son livre écrit avec Olivier Richhomme "L'Amérique de Barack Obama" (Démopolis).

-> A signaler aussi : la sortie le 9 novembre 2010 de "Black revolution" (Démopolis), textes d'Aimé Césaire et Malcolm X préfacés par François Durpaire.

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