Trois choses à retenir de l'élection de Laurent Wauquiez à la présidence des Républicains

Laurent Wauquiez lors d\'un meeting à Saint-Priest (Rhône), le 7 décembre 2017.
Laurent Wauquiez lors d'un meeting à Saint-Priest (Rhône), le 7 décembre 2017. (STEPHANE AUDRAS / REA)

Laurent Wauquiez a été élu à la tête de LR dès le premier tour du scrutin avec 74,64% des voix. Une victoire écrasante qui est à relativiser en raison de la faible participation (42,46%).

Laurent Wauquiez est le nouveau chef des Républicains. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a été élu facilement, dimanche 10 décembre, dès le premier tour du scrutin face au juppéiste Maël de Calan et à la filloniste Florence Portelli. Mais le plus difficile commence pour le chef du parti d'opposition qui va devoir rassembler ses troupes et créer une nouvelle dynamique après les récents échecs de son parti. 

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Il a été élu dans un fauteuil

Sans trembler. Avec 74,64% des voix, Laurent Wauquiez a largement réussi son pari, avec un succès net qui ne souffre d'aucune contestation. La victoire dès le premier tour était "l'objectif assumé" du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, selon les mots de son directeur de campagne, Geoffroy Didier.

Grâce à ce résultat, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy prend la tête du principal parti d'opposition à l'Assemblée nationale. "Il devient chef de l'opposition ce soir", s'est ainsi félicité le député LR Guillaume Larrivé. "Ce soir, c'est le début d'une nouvelle ère pour la droite", a de son côté martelé Laurent Wauquiez dans son discours de victoire.

La droite est de retour.Laurent Wauquiez

Sa victoire est atténuée par une faible participation

Si la victoire de Laurent Wauquiez est très nette, le scrutin n'a cependant pas déchaîné les passions. Sur les 234 556 adhérents à jour de cotisation (selon les chiffres du parti), seuls 42,46% des militants ont pris la peine de voter sur internet ou de se déplacer dans l'un des 251 bureaux de vote mis en place par le parti. A titre de comparaison, les adhérents de l'UMP étaient 155 801 sur 268 000 à s'être mobilisés (soit 58%) pour porter Nicolas Sarkozy à la tête du parti en 2014. 

Les principaux responsables de la droite avaient cherché à préparer le terrain ces derniers jours, en annonçant attendre environ 50 000 votants, afin de présenter la participation comme une bonne surprise. "C'est un succès", s'est ainsi réjoui Bernard Accoyer, secrétaire général temporaire des Républicains, après l'annonce des résultats. Laurent Wauquiez a pourtant été élu par moins d'un adhérent LR sur deux.

De nombreux défis l'attendent désormais

Laurent Wauquiez devient donc le successeur de Nicolas Sarkozy à la tête des Républicains. L'ancien chef de l'Etat avait quitté la tête du parti pour se lancer dans la campagne pour la primaire de la droite, tandis que Bernard Accoyer assurait l'intérim. Mais la tâche s'annonce compliquée pour le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il va d'abord devoir créer une nouvelle dynamique pour sa famille politique, qui reste traumatisée par les divisions du parti entre 2012 et 2017, et par la lourde défaite à la dernière présidentielle et aux élections législatives.

Pour cela, Laurent Wauquiez va devoir corriger son image auprès de ses concitoyens. Selon un sondage Odoxa pour franceinfo, il souffre en effet d'une image très dégradée. Ainsi, 51% des Français interrogés ne le jugent "pas compétent", 55% "pas sympathique" (55%) et six Français sur dix ne le trouvent "ni honnête", ni "proche des gens".

Le nouveau président de LR va aussi s'atteler au rassemblement de son camp. Dans cette optique, il a déjà proposé la présidence du conseil national des Républicains, le "parlement" du parti, à Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. Mais après une campagne où il a multiplié les propositions très à droite, il va devoir se montrer habile pour ne pas mécontenter les partisans modérés de son parti. "Si demain Les Républicains devenaient un parti eurosceptique, antilibéral et identitaire (...) naturellement, ce ne serait plus notre formation politique", a ainsi prévenu Maël de Calan pendant la campagne.

Le jeune élu proche d'Alain Juppé pourrait être tenté de suivre certains de ses anciens camarades de la droite et du centre, qui ont engagé un rapprochement avec Emmanuel Macron. Le député Franck Riester ne s'y est pas trompé et a durement attaqué le nouveau président de LR après l'annonce du résultat : "Les Républicains se dotent ce soir d'un président réactionnaire qui est sur une ligne identitaire, autoritaire, eurosceptique, qui court après le Front national depuis des années."

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