Qui sont les 72 élus de droite et du centre qui ont signé la tribune en soutien au gouvernement ?

Christophe Bechu, maire d\'Angers (Maine-et-Loire), assiste à des obsèques dans sa ville, le 8 mars 2017.
Christophe Bechu, maire d'Angers (Maine-et-Loire), assiste à des obsèques dans sa ville, le 8 mars 2017. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Dimanche, 72 élus ont signé une tribune dans "Le Journal du dimanche" pour exprimer leur soutien au gouvernement. Depuis, la liste des signataires est critiquée.

"Nous voulons la réussite du président de la République et du gouvernement." Dans son édition du 9 juin, Le Journal du dimanche a publié la tribune de soixante-douze maires et élus locaux de la droite et du centre. Ils y expriment leur soutien à Emmanuel Macron. C'est un nouveau coup dur pour Les Républicains après la défaite aux européennes et la démission de Laurent Wauquiez. Mais rapidement après sa publication, des élus ont minimisé ce texte en pointant les signataires. "J’ai vu ces maires qui étaient déjà en retrait depuis un certain temps et qui, depuis la chute de François Fillon, s’étaient déjà largement désengagés du parti", a réagi Nadine Morano sur Europe 1. Franceinfo revient sur le profil de ces élus.

Des élus qui n'appartenaient plus à LR

"Nous refusons de nous laisser réduire à une étiquette, à une consigne de vote, à un appareil partisan." Dans leur tribune, les maires et élus locaux semblent vouloir s'éloigner du parti Les Républicains. Or beaucoup d'entre eux ne portaient déjà plus l'"étiquette". C'est notamment le cas de l'initiateur de ce texte : Christophe Béchu. Le maire d'Angers s'était rapproché d'Emmanuel Macron "lors de la présidentielle de 2017, année de sa rupture avec Les Républicains", rappelle Le Figaro.

"Dans cette liste, il y a beaucoup d'élus qui avaient déjà pris leurs distances avec Les Républicains", a tenu à souligner Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais et trésorier du parti Les Républicains. "La plupart d'entre eux ne payaient plus leurs cotisations depuis très longtemps donc ils n'ont fait qu'officialiser leur position", a-t-il relativisé sur franceinfo.

France Inter cite ainsi "Marc Laffineur (Avrillé), François Commeinhes (Sète), David Robo (Vannes), Stéphanie Yon-Courtin (Saint-Contest), Guillaume Delbar (Roubaix), Karl Olive (Poissy), Olivier Carré (Orléans)"... Pour Daniel Fasquelle, il ne s'agit là que d'une "opération de communication de la part du gouvernement".

Des soutiens déjà affichés de Macron

Ils annoncent leur soutien à Emmanuel Macron. "Le temps ne peut pas être à l’opposition systématique qui, in fine, ne fait que desservir nos concitoyens", écrivent les rédacteurs de la tribune parue dans Le Journal du dimanche. Mais encore une fois, il ne s'agit pas d'une nouveauté pour beaucoup d'entre eux. "Un nombre important des contributeurs appartiennent déjà, de facto, à la majorité", note Le Parisien.

Alain Vogel-Singer, maire de Pézenas (Hérault), avait ainsi été cité comme candidat aux législatives sur une liste LREM, raconte Midi Libre. Grégoire de Lasteyrie, maire de Palaiseau (Essonne), avait d'ores et déjà annoncé vouloir "travailler en bonne intelligence" avec le gouvernement après la nomination d'Edouard Philippe au poste de Premier ministre, rapportait Le Parisien en mai 2017. Le maire de la commune savoyarde de Saint-Jean-de-Maurienne, Pierre-Marie Charvoz, avait lui rejoint Emmanuel Macron dès la présidentielle, rappelle La Tribune.

France Inter cite encore "Joseph Parpaillon [le maire d'Orvault, en Loire-Atlantique], Laurent Brosse [élu à Conflans-Saint-Honorine, à dans les Yvelines], qui s'est félicité de la nomination de Bruno Le Maire comme ministre, Gérard Lebas (premier adjoint de Châlons-en-Champagne)" ainsi que "celles et ceux qui ont déjà porté les couleurs de La République en marche, comme Jean-Michel Tobie, maire d'Ancenis [en Loire-Atlantique] et candidat LREM aux sénatoriales en 2017, ou encore Stéphanie Yon-Courtin, maire de Saint-Contest [dans le Calvados], qui est depuis deux semaines... députée européenne LREM".

Des membres d'un parti allié à la majorité

Parmi les signataires de la tribune figurent également des membres du mouvement Agir, dont le président, Franck Riester, est actuellement ministre de la Culture et qui faisait équipe avec LREM dans la liste Renaissance pour les européennes. Peu avant ce dernier scrutin, ils avaient déjà appelé les élus LR à quitter le parti alors dirigé par Laurent Wauquiez dans une tribune publiée par Le Monde.

Dans l'organigramme d'Agir tout comme dans la liste des signataires de la tribune de ce dimanche, on retrouve par exemple Alain Chrétien, maire de Vesoul (Haute-Saône) et Louis Vogel, maire de Melun (Seine-et-Marne). "Il y a des Républicains, des UDI, il y a des Agir. Mais on a tous en commun de dire que l'opposition systématique ça suffit et qu'il faut laisser le président et le gouvernement travailler", a défendu l'initiateur de la tribune, Christophe Béchu,  auprès de franceinfo.

Et quelques nouveaux noms

Si ces soutiens ne constituent pas vraiment une surprise, quelques signataires n'avaient encore jamais fait de pas en direction du président de la République. C'est le cas du maire de La Roche-sur-Yon (Vendée) Luc Bouard, "qui, depuis 1995, portait les couleurs de la droite gaulliste", décrit le site Actu, ou encore de Franck Le Bohellec à Villejuif (Val-de-Marne), "historiquement encarté" selon Le Parisien. Le quotidien cite aussi les "maires de Poissy [Yvelines], La Baule [Loire-Atlantique], Romans-sur-Isère [Drôme]". Eux "peuvent apparaître comme de nouveaux soutiens de droite à la majorité".

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