Primaire à droite : Alain Juppé pourrait être "favorisé" si les électeurs sont nombreux

Alain Juppé, maire de Bordeaux et candidat à la primaire à droite, s\'exprime lors d\'un meeting à Malakoff (Hauts-de-Seine), le 8 octobre 2016.
Alain Juppé, maire de Bordeaux et candidat à la primaire à droite, s'exprime lors d'un meeting à Malakoff (Hauts-de-Seine), le 8 octobre 2016. (THOMAS SAMSON / AFP)

Les 20 et 27 novembre aura lieu la primaire à droite. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé sont au coude à coude, mais selon le politologue Stéphane Rozès, le maire de Bordeaux serait "favorisé" si les électeurs viennent nombreux.

Alors que l'ancien chef de l'État, Nicolas Sarkozy, apparaît toujours distancé par le maire de Bordeaux, Alain Juppé, dans la course à la primaire à droite, le politologue Stéphane Rozès a estimé dimanche 9 octobre sur franceinfo que les soutiens d'Alain Juppé n'avaient "pas d'intérêt à créer la suspicion" sur les conditions dans lesquelles la primaire va se dérouler. "Plus la primaire aura l'air de se passer dans de bonnes conditions, plus les gens iront voter pour (Alain Juppé)", a décrypté le président du cabinet de conseil CAP et maître de conférences à Sciences Po.

franceinfo : La promesse de Nicolas Sarkozy d'organiser deux référendums le 18 juin 2017 peut-elle séduire les électeurs de la primaire ?

Stéphane Rozès : Ça va séduire les électeurs à droite de la droite grâce aux thématiques retenues par Nicolas Sarkozy, autour des questions d'identité, c'est l'objectif. Nicolas Sarkozy connaît un trou d'air dans sa campagne. Le livre de Patrick Buisson, notamment, l'affaiblit dans le noyau dur de la droite. Il essaie du coup de reprendre la main. On le sait, près de 8 français sur 10 sont favorables aux initiatives de référendum, et donc il essaie en même temps de cliver sur les questions d'identités en espérant un avantage, de sorte que le débat se polarise encore plus.

Les sarkozystes ont peur de se faire "voler la primaire" par des électeurs de gauche qui iraient voter à la primaire de la droite et du centre. Ont-ils raison ?

Ils n'ont que très relativement raison d'avoir peur. Les instituts de sondage donnent aux alentours de 10% des électeurs de gauche [qui envisagent de voter à la primaire de la droite et du centre, NDLR] , ce qui est légèrement en deçà des électeurs du FN, et très en deçà des électeurs centristes. Il faut bien comprendre que les partisans de Nicolas Sarkozy mettent en avant cet argument pour essayer de disqualifier l'adversaire Alain Juppé, en laissant entendre qu'il ne serait pas forcément réellement de droite et qu'il pourrait bénéficier de renforts du camp adverse.

Alain Juppé dit qu'il soutiendra Nicolas Sarkozy s'il remporte la primaire, et si la primaire est honnête. Le maire de Bordeaux et ses soutiens ont-ils raison de se méfier ?

Pour l'instant, non, et on entend pas les représentants d'Alain Juppé mettre en avant des problèmes liés au scrutin comme le nombre et la répartition des bureaux de vote. Le peuple de droite est idéologiquement centré sur Alain Juppé, mais le noyau dur de la droite, c'est Nicolas Sarkozy. Plus il y aura d'électeurs, plus ça favorisera Alain Juppé, donc plus la campagne va se dérouler dans de bonnes conditions, plus le peuple de droite sera incité à aller voter, dans une démarche qui n'est pas spontanément la sienne - parce que la primaire, c'est plutôt la culture de la gauche que la culture de la droite - plus ça profitera à Alain Juppé. Il n'a donc pas intérêt à créer la suspicion, car plus la primaire aura l'air de se passer dans de bonnes conditions, plus il y aura de gens qui iront voter pour lui.

Alain Juppé part-il favorisé ? L'avis de Stéphane Rozès, politologue
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne