Primaire à droite : Alain Juppé, favori du premier tour, décroche une décevante deuxième place

Alain Juppé en meeting pour la primaire à droite, le 14 novembre 2016, à Paris.
Alain Juppé en meeting pour la primaire à droite, le 14 novembre 2016, à Paris. (SIPA)

L'ancien Premier ministre, longtemps en tête des sondages, a finalement été dépassé largement, dimanche, par François Fillon.

Il était le grand favori des sondages. Il s'est finalement fait voler la première place par François Fillon. Le maire de Bordeaux reste néanmoins qualifié pour le second tour de la primaire à droite, d'après des résultats partiels portant sur 89,3% des bureaux de vote, dimanche 20 novembre.

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Son score

Alain Juppé arrive en deuxième position avec 28,4% des voix, selon des résultats partiels portant sur 89,3% des bureaux de vote dépouillés. Leader dans les sondages, le maire de Bordeaux avait résisté à l'entrée en campagne de son rival Nicolas Sarkozy, à la fin août.

Convaincu de son leadership, il avait plusieurs fois ironisé sur l'absence de "blast", promis par l'équipe de l'ancien chef d'Etat censé souffler les candidats de la primaire à droite. Pronostiquant un "contre-blast" à la fin septembre, Alain Juppé a vu néanmoins sa courbe nettement s'affaisser face à la remontée spectaculaire de François Fillon, véritable surprise de la soirée.

Ce que disaient les sondages

Lors de sa campagne, Alain Juppé a longtemps survolé les sondages du premier tour. Mais il a dilapidé son avance dans la dernière ligne droite. L'ultime sondage, Ipsos-Sopra-Steria pour Le Monde, l'avait placé deuxième à 29%, derrière François Fillon (30%) et à égalité avec Nicolas Sarkozy.

 Comment il aborde le second tour

Alain Juppé devrait s'employer à multiplier les tractations en vue de ralliements, essentiels pour rattraper son large retard sur François Fillon. Nathalie Kosciusko-Morizet (2,6%) lui a déjà annoncé son ralliement dans la soirée. Au cours de la campagne, la députée de l'Essonne a, en effet, multiplié les piques à l'encontre de Nicolas Sarkozy et de François Fillon, semblant davantage proche de la modération incarnée par Alain Juppé. Ce dernier pourrait également bénéficier du soutien du député-maire de Meaux, Jean-François Copé (0,3%), qui n'a pas caché ses "liens très fort" avec le maire de Bordeaux lors de l'émission "Question d'infos" sur LCP, mercredi 16 novembre. 

Pour autant, la percée de François Fillon vient rebattre les cartes. Le député de Paris pourrait, en effet, bénéficier de sa dynamique de premier tour. Bruno Le Maire (2,4%) a d'ores et déjà promis son soutien à François Fillon. Le président du Parti démocrate-chrétien, Jean-Frédéric Poisson (1,5%), devrait être tenté de soutenir François Fillon, qui partage sa vision critique du Mariage pour tous.

L'attitude de Nicolas Sarkozy risque, elle, de peser lourd dans la balance. L'ancien chef de l'Etat, crédité de 20,7% des voix, a décidé d'apporter son soutien à son ancien Premier ministre. "Quels que soient mes désaccords passés avec lui, François Fillon me paraît avoir le mieux compris les défis qui se posent à la France, a-t-il lancé lors de son discours au cours duquel il a reconnu sa défaite. Je voterai donc pour lui au second tour de la primaire." 

Une chose est sûre, privé désormais de l'argument du vote anti-Sarkozy, Alain Juppé est maintenant obligé convaincre les électeurs de la droite traditionnelle, qui se sont massivement mobilisés pour consacrer François Fillon. Pour cela, le prochain débat télévisé entre les deux finalistes, jeudi 24 novembre, sera décisif.