"Mauvais gag", "Dîner de cons"... La "guéguerre" est déclarée à LR après le couac sur l'exclusion des pro-Macron

Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, devant le siège du parti à Paris, le 24 octobre 2017.
Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, devant le siège du parti à Paris, le 24 octobre 2017. (SERGE TENANI / CITIZENSIDE / AFP)

Le bureau politique des Républicains n'a pas pu entériner le vote validant les exclusions des membres "pro-Macron", mardi soir, faute de quorum. De quoi plonger le parti dans une crise politique encore plus importante.

Le bureau politique a tourné à la farce. Mardi 24 octobre, les responsables du parti Les Républicains se sont réunis pour décider de l'exclusion de cinq responsables pro-Macron : deux députés "constructifs", deux ministres et le Premier ministre, Edouard Philippe. Problème, le vote n'a finalement pas pu être entériné à cause d'un nombre de participants trop faible. De quoi relancer les critiques dans un parti déjà profondément divisé.

"Ça me fait pitié", a lancé le président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, à la sortie du bureau politique. "C’est effarant ! Je n’ai même pas de mot pour dire à quel point tout ça est ridicule", s'est agacé l'ancien président du parti, Jean-François Copé, dans Le Parisien"Formidable adaptation du Dîner de cons ! a renchéri la députée européenne Rachida Dati. Qui a dit que le ridicule ne tue pas ? Il peut certainement tuer un parti politique !"

"Affligeant spectacle"

Cet imbroglio s'est aussi révélé être une formidable occasion de railler les exclusions, du côté des "pro-Macron". "Pour exclure, il faut le quorum. Pour avoir le quorum, il faut arrêter d’exclure. Vous avez deux heures," a résumé dans un tweet cinglant de Gilles Boyer, conseiller auprès du Premier ministre et ex-directeur de campagne d'Alain Juppé. Même son de cloche du coté du député Franck Riester, visé par la procédure d'exclusion. "A force de diviser et d'exclure, il ne reste même plus assez de présents pour acter les décisions du [bureau politique des Républicains]. Affligeant spectacle", a-t-il tweeté mardi soir. 

Mais cette situation ne fait pas rire les dirigeants du parti. "Nous nous serions volontiers passés de cette difficulté", reconnaît de son côté le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, sur France 2. "Ils [les exclus] en font leurs choux gras, ils l'ont dit d'ailleurs, 'on va leur pourrir la vie'. C'est pour cette raison  que nous avons besoin, de sécurisation juridique, malgré la majorité politique extrêmement forte qui s'est dégagée hier au bureau politique."

"Tu es vraiment un sale type !"

La plus haute instance du parti se réunira à nouveau, le 31 octobre, pour "valider" l'éviction des responsables pro-Macron. "A la semaine prochaine pour le prochain épisode des Feux de l’humour", a de nouveau raillé Gilles Boyer, proche d'Edouard Philippe. "On a des gens très cyniques", a répondu le candidat à la présidence des Républicains Laurent Wauquiez sur France Inter.

Ce couac semble aussi avoir relancé des rancœurs plus personnelles entre certaines personnalités politiques du parti. "En plus d'être un traître, tu es vraiment un sale type !, a lancé Nadine Morano à l'encontre du député "constructif" Thierry Solère. De quoi compliquer, encore un peu, la mission du nouveau président des Républicains qui doit être élu en décembre, pour rassembler sa famille politique.