Les Républicains : Franck Riester dénonce la "petite oligarchie" "qui nous a envoyés dans le mur en 2012, en 2017"

FRANCEINFO

Après avoir reçu une lettre de convocation, dans le cadre d'une procédure d'expulsion des membres des Républicains du groupe Les constructifs LR-UDI de l'Assemblée nationale, Franck Riester critique "l'oligarchie (...) en responsabilité" dans son parti. 

Les membres des Républicains du groupe Les constructifs LR-UDI de l'Assemblée nationale sont sous le coup d'une procédure d'exclusion par leur parti. Le co-président du groupe, Franck Riester, a estimé lundi 10 juillet sur franceinfo que sa "famille politique ne doit pas se restreindre à un certain nombre de personnes qui étaient les mêmes qui nous ont envoyés dans le mur en 2012, en 2017". "Je conteste que cette petite oligarchie soit ceux en responsabilité chez Les Républicains", a-t-il ajouté précisant qu'il "souhaite travailler à la refondation de (sa) famille politique".

franceinfo : Vous avez reçu une lettre de convocation de votre parti. Que dit-elle ?

Nous sommes sous le coup d'une procédure disciplinaire, et qui peut conduire le bureau politique à prendre des sanctions à notre encontre. On est pas convoqué par le bureau politique. Il va prendre une décision, et nous pourrons accéder à notre "dossier", comme si on était coupables d'un horrible crime.

Ces lettres n'actent-elles pas une évidence : vous n'êtes plus fait pour vivre ensemble au sein des Républicains, alors pourquoi ne pas l'officialiser ? Pourquoi ne pas créer votre propre parti ?

Qu'est-ce qu'on reproche aux constructifs, aux ministres ? De servir notre pays ? De mettre en œuvre des réformes que nous n'avons même pas été capables de faire quand nous étions au pouvoir ? D'avoir crée un groupe de députés qui veut faire de la politique différemment ? De travailler de façon libre, responsable et constructive avec le gouvernement pour faire avancer nos idées ? Moi, je conteste que cette petite oligarchie soit ceux en responsabilité chez Les Républicains. Notre famille politique ne doit pas se restreindre à un certain nombre de personnes qui étaient les mêmes qui nous ont envoyés dans le mur en 2012, en 2017, qui étaient à la tribune du Trocadéro pour soutenir à bras le corps François Fillon qui nous emmenait aussi dans le mur.

Est-ce que cette procédure n'est pas une opportunité de partir, de prendre vos responsabilités ?

Ce n'est pas moi qui ait souhaité qu'on envoie un courrier pour me dire que j'étais sous le coup d'une procédure disciplinaire. (...) Ce n'est pas moi qui m'offusque que, quand on est à l'Assemblée nationale, élus par le peuple, on essaie de travailler en bonne intelligence pour faire en sorte que le quinquennat soit utile pour le pays plutôt qu'à penser qu'à son parti. J'ai passé cinq ans dans l'opposition où on me disait "quand on est dans l'opposition, on s'oppose". Quand il y avait des projets comme la loi Macron ou la loi El Khomry, qui allaient dans le sens de nos idées, plutôt que de travailler intelligemment avec le gouvernement, il fallait absolument tout faire pour planter ces projets. Avec ce message extraordinaire : il ne faut pas faire ce cadeau à François Hollande. Mais ce n'était pas faire un cadeau à François Hollande, c'était faire un cadeau à nos idées, au pays ! Est-ce qu'on ne peut pas changer notre façon de faire de la politique ?

Changer la politique, c'est possible au sein des Républicains ? Vous avez des mots très durs...

Je souhaite travailler à la refondation de ma famille politique. Les erreurs du passé, il faut arrêter. Il faut arrêter avec cette oligarchie qui décide de tout et, dès qu'il y a une dissidence, qui coupe les têtes, un peu comme dans les partis politiques des régimes autoritaires à bout de souffle. Et puis il faut arrêter avec cette ligne droitière, cette façon de courir après le Front national et de perdre ce qui est l'essence même de la droite républicaine. Nous ne sommes pas décidés à laisser l'avenir de la droite et du centre à un certain nombre de responsables politiques qui refusent de regarder la réalité en face, et de changer leurs pratiques politiques. Nous étions 350 députés en 2002, 300 en 2007, 200 en 2012, nous sommes aujourd'hui un peu plus de 100. Et bien nous serons plus que 20 comme le PS si nous ne changeons pas en profondeur. 

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