Les partisans du "non" au référendum de 2005 en force dans le gouvernement Ayrault

Hamon, Fabius et Moscovici en 2008
Hamon, Fabius et Moscovici en 2008 (AFP/JEAN-PIERRE MULLER)

Laurent Fabius, Bernard Cazeneuve, Arnaud Montebourg et Christiane Taubira, tous partisans du "non" au traité constitutionnel européen, sont entrés en force dans le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Laurent Fabius, Bernard Cazeneuve, Arnaud Montebourg et Christiane Taubira, tous partisans du "non" au traité constitutionnel européen, sont entrés en force dans le premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Le référendum sur le Traité constitutionnel européen, en mai 2005, avait coupé la France en deux, mais aussi les partis politiques et notamment le PS, qui s'était déchiré entre partisans du "oui" et défenseurs du "non".

Division au sein du Parti socialiste

Au PS, François Hollande, partisan du "oui", avait décidé d'un référendum interne pour déterminer une ligne collective, qui se termina sur une victoire du "oui".

Malgré ce vote, de nombreux socialistes avaient décidé de continuer à faire campagne en faveur du "non", derrière un des poids lourd du parti, Laurent Fabius, et un futur candidat à l'Elysée, Jean-Luc Mélenchon. D'autres choisirent le "non" mais sans faire campagne, comme Montebourg, afin de respecter le choix du parti.

Cet affrontement se termina par une large victoire du "non" (54,68% des suffrages). Un "non" qui, selon les sondages, fut aussi majoritaire chez les électeurs de gauche.

François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste, qui avait gagné toutes les élections depuis 2002, sortit affaibli du scrutin. Il n'y eut pas de sanctions au PS contre ceux qui avaient ouvertement défié la discipline du parti comme Laurent Fabius ou Jean-Luc Mélenchon. Le premier perdit seulement sa place au secrétariat national du PS.

Lors du congrès du Mans, six mois plus tard, François Hollande est reconduit à la tête du parti sur la base d'une large synthèse, notamment avec les partisans du "non".

L'Europea, au coeur de la campagne présidentielle

Pendant la campagne présidentielle, tant François Hollande que Nicolas Sarkozy ont tenté de faire la synthèse entre la France du "oui" et celle du "non".

François Hollande le fit sur la base d'une critique du traité signé par Nicolas Sarkozy avec Angela Merkel, traité qu'il affirma refuser de signer en l'état, et recruta Arnaud Montebourg comme image susceptible d'illustrer cette position.

Laurent Fabius défend toujours la même ligne : "Je pense que c'est un grand atout. D'abord parce que ça a été la décision majoritaire des Français. Ensuite et surtout parce que dès cette époque, j'étais de ceux - je suis très Européen - qui avaient compris et dit que l'Europe ne fonctionnait pas bien", a-t-il redit jeudi. "Ce sont des thèmes qui maintenant sont partagés par les uns et les autres. Au côté de François Hollande qui avait voté "oui", nous avons fait du chemin, pris désormais une position unique. Cette affaire est derrière nous. Ce dont il est question c'est d'arriver à dire oui à une autre Europe, de sortir de la crise européenne et de bâtir autre chose".

La France "ne peut rien faire seule"

Aujourd'hui, l'homme de synthèse qu'est François Hollande a intégré de nombreux nonistes dans son gouvernement. Montebourg, Peillon, Taubira, Vidalies, Hamon... Deux d'entre eux sont aux postes clefs de la diplomatie : Laurent Fabius aux affaires étrangères et Bernard Cazeneuve, fabiusien qui choisit Hollande lors de la primaire, aux affaires européennes.

Reste à savoir comment ces partisans du "non" feront entendre leur musique face à d'autres poids lourds du gouvernement comme le défenseur du "oui", Pierre Moscovici, qui a déjà indiqué lors de sa passation à Bercy que la France "ne peut rien faire seule" insistant sur l'importance "de travailler avec tous nos partenaires" et "d'abord l'Allemagne".

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