Les “illettrées” de Gad : Macron présente ses "excuses les plus plates"

(Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, a exprimé ses regrets dans l'après-midi. © Maxppp)

Emmanuel Macron a estimé, ce mercredi matin, que l’illettrisme et l’absence de permis empêchaient de nombreuses salariées des abattoirs Gad de retrouver un emploi. Des propos qui, sortis de leur contexte, ont rapidement provoqué un tollé et ont obligé le ministre à des excuses à l'Assemblée nationale.

Le ministre de l’Economie se souviendra longtemps de l’une de ses premières sorties médiatiques. Invité d’Europe 1, ce mercredi matin, Emmanuel Macron s’est exprimé sur le pouvoir d’achat des Français et sur l’emploi, en prenant comme exemple la situation des femmes employées dans les abattoirs Gad, dont la liquidation judiciaire a été prononcée jeudi dernier par le tribunal de commerce de Rennes.

"Il y a dans cette société, une majorité de femmes, il y en a qui sont, pour beaucoup illettrées, pour beaucoup on leur explique: ‘Vous n'avez plus d'avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 km!’ Ces gens-là n'ont pas le permis de conduire, on va leur dire quoi ? ", a déclaré le ministre, regrettant le coût et les délais nécessaires pour ce permis.

Les regrets et les excuses de Macron

Les propos d’Emmanuel Macron ont très rapidement fait polémique, d’aucuns reprochant au ministre son irrespect pour les salariées de Gad. “Quand on traite les gens d'illettrés, alors que le président de la République a traité les pauvres gens de ‘sans-dents’, il y a quelque chose qui ne va pas dans ce pays. J’exige la démission de monsieur Macron (...) Les remarques méprisantes s’accumulent et tout celà ne passe plus ”, a réagi le député UMP des Côtes d’Armor, Marc Le Fur.

"J'exige la démission de monsieur Macron" (Marc Le Fur)
--'--
--'--

Devant ce tollé, le ministre de l'Economie a exprimé, ce mercredi, à l'Assemblée nationale son "regret " : "Mes excuses les plus plates vont aux salariés que j'ai pu blesser, à travers ces propos et je ne m'en excuserai jamais assez ", a déclaré le ministre, visiblement tendu. "Mon action, elle sera pour eux, et c'est ce que je disais ce matin ", a-t-il ajouté.

Pour Christophe Borgel, député PS de Haute-Garonne, "la formulation est sans doute inappropriée ", mais "c'est un vrai problème [que celui de la formation et du coût du permis de conduire] dont la gauche a raison de se préoccuper ".

"Une formulation sans doute inappropriée" (Christophe Borgel)
--'--
--'--
D’autres voix s’élevaient pour relativiser les propos d’Emmanuel Macron, tout en pointant une maladresse de langage. “Aujourd’hui, il y a 18 personnes qui ont dû passer le permis de conduire, et il y a 41 personnes qui ont été remises à niveau en français et en maths. Sur 889, ce n’est certainement pas une majorité ”, explique Jean-Marc Puchois, le maire de Lampaul-Guimiliau où se trouve l’un des abattoirs Gad.

Lenteur des réformes

Remis dans son contexte, la phrase d'Emmanuel Macron n’était évidemment pas insultante. Le ministre déplorait en effet, dans cette interview, le manque de solutions offertes aux salariées de Gad, et la lenteur des réformes, notamment celle du permis de conduire.

"Ces gens-là n'ont pas le permis de conduire, on va leur dire quoi ? Il faut payer 1.500 euros, il faut attendre un an? Voilà, ça ce sont des réformes du quotidien, et ça ce sont des réformes qui créent de la mobilité et de la l'activité ", a-t-il ajouté lors de l’interview à Europe 1.

Selon Paul Molac, député du Morbihan interrogé par nos confrères de France Bleu Breizh Izel, Emmanuel Macron viendrait rencontrer les salariés de Gad, "peut être en octobre".

 

Vous êtes à nouveau en ligne