"Les Français trancheront une fois qu’on leur aura dit la vérité sur ce quinquennat" (Henri Guaino)

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Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi dernier à la télévision qu'il attendrait fin janvier, peut-être début février, pour dire aux Français s'il est candidat pour un nouveau quinquennat à l'Elysée. Pourquoi si tard ? Est-ce une stratégie pour épuiser ses adversaires, dont le socialiste François Hollande ? Absolument pas, répond Henri Guaino, qui souligne par ailleurs ne pas supporter "le mensonge permanent" qui entoure le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le conseiller spécial du président sortant était l'invité du JT de France 2 ce dimanche.

L'objectif de Nicolas Sarkozy, ce n'est pas 2012, c'est avant tout de s'occuper des affaires de la France ". Voilà en un mot ce qui explique, selon Henri Guaino, que le chef de l'État ne se soit toujours pas déclaré candidat à sa propre succession pour la présidentielle du printemps prochain."Quand on est candidat, on rentre en campagne", explique le conseiller spécial du président de la République. Or, et d'autant plus en ces temps particulièrement troublés, " ce serait une faute morale et donc une faute politique qu’aucun président sortant d'ailleurs n’a commise", poursuit-il. Nicolas Sarkozy ne fait que "son devoir".

Il faudra donc attendre "fin janvier-début février" pour entendre sa déclaration de candidature. Le suspense est toutefois minime. Jeudi dernier sur TF1 et France 2, le chef de l'Etat a ainsi jugé "vraisemblable" que François Hollande soit son principal rival concurrent dans la compétition. Face caméra, le candidat Sarkozy est déjà entré en piste, fustigeant notamment deux mesures prises par ses adversaires de gauche quand ils étaient au pouvoir : le passage de la retraite de 65 à 60 ans, décidé sous François Mitterrand, et les 35 heures "qui ont ruiné la compétitivité du pays", a lancé Nicolas Sarkozy.

Difficile de croire pourtant que des dispositions prises au début des années 80 pour la première et il y a plus de 10 ans pour la seconde, sont à l'origine de la crise que traverse le pays et du montant astronomique et historique de sa dette publique : 1646,1 milliards d'euros, soit 84,5% du PIB (au premier trimestre 2011). Henri Guaino en convient, les politiques menées par la gauche ne sont pas responsables de tous les maux de la France, mais elles ont eu une incidence tout à fait négative et durable. Sur les 35 heures notamment, le conseiller spécial du président estime que les socialistes n'ont pas compris que "le travail crée le travail". Et de souligner que grâce à l'antidote des heures supplémentaires, mesure phare du quinquennat de Nicolas Sarkozy, le gouvernement a réussi à stopper l'hémorragie. Un début. Pourtant, selon un rapport parlementaire publié en juin dernier, la mesure aurait coûté 0,23% du PIB pour n'en rapporter que 0,15%. Par ailleurs, certains salariés ont bénéficié des avantages de la défiscalisation des heures supplémentaires sans forcément travailler plus, relève le rapport. Pire, le dispositif "exclut les personnes aux revenus les plus modestes", souligne le député PS Jean Mallot, qui a co-mené l'étude.

Mais Henri Guaino est confiant. La campagne présidentielle va être l'occasion de " rétablir une vérité ". La vérité selon laquelle Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse pendant son mandat de poser les jalons de la reconstruction du pays. Car oui, "il va falloir tout reconstruire", explique le conseil spécial du président, mais cette fois les fondations sont solides, grâce à la politique menée depuis 2007 par Nicolas Sarkozy. " Je ne peux pas supporter le mensonge permanent qui entoure son quinquennat ", a dit Henri Guaino. "Les Français trancheront une fois qu’on leur aura dit la vérité sur ce quinquennat", a-t-il conclu.

Cécile Mimaut

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