Les députés français ont commencé mardi à examiner un projet de loi qui durcit la politique d'immigration

Eric Besson
Eric Besson

Le texte étend la possibilité de déchoir de la nationalité française des criminels d'origine étrangère, voulue par Nicolas Sarkozy.Il facilite aussi le renvoi d'étrangers, y compris européens, vers leur pays: des dispositions qui visent notamment les Roms, dont le gouvernement français multiplie les expulsions controversées depuis cet été.

Le texte étend la possibilité de déchoir de la nationalité française des criminels d'origine étrangère, voulue par Nicolas Sarkozy.

Il facilite aussi le renvoi d'étrangers, y compris européens, vers leur pays: des dispositions qui visent notamment les Roms, dont le gouvernement français multiplie les expulsions controversées depuis cet été.

Malgré l'opposition de la gauche et de quelques députés de droite, ce projet de loi, le cinquième texte en sept ans sur l'immigration, devrait être adopté par l'Assemblée nationale lors d'un vote solennel le 12 octobre.

Plusieurs associations de défense des droits de l'Homme ont fait part de leur opposition au projet de loi et appelé à manifester devant l'Assemblée nationale.

Les députés socialistes ont annoncé leur intention de ferrailler contre le texte. La députée socialiste Sandrine Mazetier a estimé qu'il marquait un "recul de l'Etat de droit" et allait "aggraver la situation de la France au regard de ses engagements européens". Quant à l'ex-candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal, elle a fustigé une "loi inutile de plus".

L'extension de la déchéance de la nationalité représente, selon ses opposants, une atteinte à la Constitution qui proclame l'égalité de tous les citoyens devant la loi "sans distinction d'origine".

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, principal concurrent à droite de Nicolas Sarkozy, a critiqué des "surenchères en matière sécuritaire" estimant que les mesures sur la déchéance de nationalité "contribuent à créer un climat de suspicion, de stigmatisation".

Le ministre Eric Besson a pour sa part affirmé la "générosité" de la politique d'asile française et indiqué que 108.000 étrangers avaient reçu la nationalité française en 2009.

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