Les démocrates américains courtisent les électeurs hispaniques pour tenter de réduire l'avance annoncée des républicains

Barack Obama en campagne pour les \"midterms\" dans une université de Los Angeles
Barack Obama en campagne pour les "midterms" dans une université de Los Angeles (AFP/DAVID MCNEW)

En 2008, M. Obama remportait la course à la Maison Blanche grâce en partie à la participation historique des hispaniques: 9,7 millions d'électeurs - soit 7,4% du total national, parmi lesquels 67% ont voté pour le premier président noir des Etats-Unis .Deux ans plus tard, le parti démocrate compte toujours sur cet électorat malmené par la crise.

En 2008, M. Obama remportait la course à la Maison Blanche grâce en partie à la participation historique des hispaniques: 9,7 millions d'électeurs - soit 7,4% du total national, parmi lesquels 67% ont voté pour le premier président noir des Etats-Unis .

Deux ans plus tard, le parti démocrate compte toujours sur cet électorat malmené par la crise.


"Si j'étais la communauté hispanique"

"La communauté hispanique, comme le reste du pays, a vécu deux ans vraiment difficiles. Et il est compréhensible qu'elle se sente frustrée", a reconnu la semaine dernière le président américain Barack Obama dans un entretien accordé à des médias hispaniques.
"Mais, a-t-il ajouté, si j'étais la communauté hispanique, je considérerais que l'idée de ne pas participer et de ne pas faire entendre ma voix (...) n'a pas de sens", a-t-il ajouté.

Le parti démocrate vient d'investir un million de dollars dans la diffusion cette semaine d'un spot télévisé dans lequel le président Obama s'adresse en espagnol à la communauté hispanique.

Une stratégie politique qui contraste ouvertement avec celle du parti républicain, soumis à la pression de sa base la plus conservatrice.
Des candidats comme Sharron Angle, engagée dans la course au siège de sénateur dans le Nevada, n'ont en effet pas hésité à utiliser le thème de l'immigration illégale comme une arme pour faire peur aux électeurs.

Dans leurs spots télévisés, les républicains montrent notamment des jeunes manifestement d'origine hispanique enjambant en pleine nuit des clôtures ou réclamant des aides publiques auxquelles il n'ont pas droit en tant qu'immigrés illégaux. Ces spots ont été qualifiés de "racistes" par des organisations hispaniques.

Une élection serrée et un risque d'abstention des électeurs hispaniques
Le vote des hispaniques est d'autant plus important que l'élection est serrée, mais l'électorat de cette minorité se concentre essentiellement dans le sud et le sud-ouest du pays. La moitié des électeurs hispaniques résident en Californie et au Texas, explique Hugo Lopez, directeur associé du centre d'analyses Pew Hispanic Center.

Une autre caractéristique de cet électorat est qu'il est jeune, "ce qui explique en partie la tendance historiquement basse à participer à des élections", explique M. Lopez.

Selon le Pew Hispanic Center, 65% des hispaniques seraient disposés à voter de nouveau pour les démocrates, ce qui semble être une tendance stable: avant les 67% obtenus par M. Obama en 2008, 69% des électeurs hispaniques avaient choisi de voter pour les démocrates aux législatives de 2006.

Toutefois, seulement la moitié des hispaniques qui se sont déjà enregistrés cette année pour participer aux élections de mi-mandat mardi sont absolument sûrs d'y participer. Ceci contraste avec l'électorat républicain en général, décidé à faire entendre sa voix.

Les hispaniques représentaient en 2006, 13% de l'électorat du Nevada, 15% de celui de l'Arizona, 17% de celui de la Californie et 17% de celui du Texas.

Les Américains doivent renouveler mardi les 435 sièges de la Chambre des représentants, 37 des 100 sièges du Sénat et 37 postes de gouverneurs. Les républicains pourraient reprendre la majorité à la Chambre, mais le Sénat devrait rester dans le giron démocrate, selon les analystes.

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