Les concurrents de Nicolas Sarkozy commentent ses propositions en matière d'emploi

Nicolas Sarkozy sur le plateau du 20 heures de France 2, le 22 février 2012.
Nicolas Sarkozy sur le plateau du 20 heures de France 2, le 22 février 2012. (France 2)

Au lendemain de la prestation sur France 2 du président-candidat Nicolas Sarkozy, ses principaux adversaires ont réagi, jeudi 23 février. François Hollande, notamment, a qualifié de "mystification" son projet de réforme de la prime pour l'emploi.

Au lendemain de la prestation sur France 2 du président-candidat Nicolas Sarkozy, ses principaux adversaires ont réagi, jeudi 23 février. François Hollande, notamment, a qualifié de "mystification" son projet de réforme de la prime pour l'emploi.

Priorité à l'emploi et au travail.

Invité du 20 heures de France 2, mercredi soir, le président candidat, Nicolas Sarkozy, a exposé ses propositions placées sous "le signe de la valeur travail" : réforme de la prime pour l'emploi (PEE), allègement des charges sur les bas salaires, aménagement du revenu de solidarité active (RSA), interdiction des retraites-chapeau et des parachutes dorés.

Une tonalité "sociale" que ses principaux adversaires n'ont pas manqué de mettre à mal.

Mélenchon : "Ca commence à ressembler à une agitation frénétique"

En meeting à Bastia, le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a ironisé sur la prestation de M. Sarkozy. "Ca commence à ressembler à une agitation frénétique de l'homme en train de se noyer", a-t-il répondu à la presse qui lui a rapporté les principales annonces du président-candidat.

Sur la réforme de la PPE, M. Mélenchon a estimé que "c'était très exactement la proposition de Mme Le Pen qui a proposé d'augmenter de 200 euros les salariés avec l'argent des cotisations sociales", y voyant un "tour de boneto".

Sur les parachutes dorés, "ça le prend deux mois avant de s'en aller! Qu'il nous laisse faire!", a-t-il poursuivi.

Quant à la soirée du Fouquet's dont M. Sarkozy a affirmé qu'il n'y reviendrait pas "si c'était à refaire", M. Mélenchon a lancé : "A tout pécheur, miséricorde!", mais "là on devient ridicule aux yeux de toute l'Europe".

Hollande : "On croit rêver, on se pince !"

Interrogé par France Inter, le candidat socialiste, François Hollande a assuré : "nous sommes dans une campagne électorale. Les promesses peuvent se faire, elles ne peuvent pas être des tours de passe-passe, des mystifications et hier, c'était une mystification".

On dit "à des salariés qui gagnent 1.000, 1.200, 1.400 euros qu'ils vont gagner 1.000 euros en plus ", a fait valoir le député de Corrèze. "Ce qu'on ne dit pas - et c'est là la mystification et le tour de passe-passe - c'est que ces mêmes salariés vont perdre la prime pour l'emploi".

"Qui vont être les perdants de cette affaire ? Les familles, puisque la prime pour l'emploi est une prime calculée par rapport à la famille". "C'est une forme de mensonge de candidat", a insisté M. Hollande qui a encore parlé de "promesse fallacieuse".

Quant à la suppression des retraites-chapeau, proposée par le président sortant, François Hollande s'est exclamé : "on croit rêver, on se pince !" "Pendant cinq ans, les retraites-chapeau ont augmenté, ont été distribuées" et "là, en fin de mandat, il viendrait nous dire : ah, quand même, ce n'est pas juste" ?"

Bayrou : C'est "prendre aux pauvres pour donner aux pauvres"

Commentant le projet de réforme de la prime pour l'emploi, le candidat du MoDem, François Bayrou a lui assuré sur i-TELE: c'est "prendre aux pauvres pour donner aux pauvres. Ce qu'on va redistribuer - soi-disant, dit-on - c'est ce qu'on aura pris déjà à des aides et des allocations".

Pourquoi "avoir attendu cinq ans dans la crise où nous étions, dans les scandales qui se sont multipliés", s'est par ailleurs interrogé le député béarnais évoquant l'interdiction des retraites chapeau. "Car pour les Français, c'est un scandale de voir ces niveaux de rémunération étalés" par des responsables d'entreprises "qui sont les habitués du bureau de Nicolas Sarkozy".

"Qu'on y porte remède, oui. Qu'on le présente comme une proposition de campagne électorale alors qu'on l'a accepté, toléré, justifié pendant ces cinq dernières années, cela a quelque chose d'assez choquant", a conclu M. Bayrou.

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