Législatives : ces ex-ministres en ballotage, et ceux qui peuvent tout perdre

Dernier conseil des ministres avant démission du gouvernement.
Dernier conseil des ministres avant démission du gouvernement. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

24 ministres du dernier gouvernement Fillon sont candidats aux législatives. Au regard des résultats de la présidentielle, une majorité d’entre eux devraient retrouver le Palais Bourbon en juin. Mais pas tous. Xavier Bertrand est menacé.

24 ministres du dernier gouvernement Fillon sont candidats aux législatives. Au regard des résultats de la présidentielle, une majorité d'entre eux devraient retrouver le Palais Bourbon en juin. Mais pas tous. Xavier Bertrand est menacé.

Ils devraient gagner

François Fillon, Premier ministre, est depuis plusieurs mois candidat déclaré dans la deuxième circonscription de Paris. Un parachutage loin d'être délicat pour l'ancien député de la Sarthe, réélu non-stop depuis 1981. Seul ombre au tableau pour lui, dans une circonscription où Nicolas Sarkozy a fini loin devant François Hollande au premier et au second tour, la candidature dissidente de Rachida Dati, appuyée par les amis parisiens de Jean-François Copé.

A l'instar du Premier ministre, certains membres de sa dernière équipe gouvernementale avant démission ne devraient pas connaître de difficultés pour obtenir la députation, tant la droite est forte dans leurs circonscriptions. C'est le cas de Thierry Mariani et Marie-Anne Montchamp, en lice pour devenir respectivement député des Français de l'étranger en Asie et ex-URSS et au Benelux. La situation est légèrement différente pour Frédéric Lefebvre, candidat en Amérique du Nord où pourtant Nicolas Sarkozy a amplement devancé François Hollande. Mais le secrétaire d'Etat au tourisme devra faire face à plusieurs dissidences dans son camp, notamment celle de Julien Balkany, demi-frère du maire de Levallois-Perret.

En Ile-de-France, plusieurs ex-ministres peuvent envisager sereinement leur élection. Valérie Pécresse, candidate dans la deuxième circonscription des Yvelines (où Nicolas Sarkozy a obtenu 57 au second tour de la présidentielle), Patrick Ollier, candidat dans la 7e circonscription des Hauts-de-Seine (où le président sortant atteint 61% au second tour), Pierre Lellouche, candidat dans la première circonscription de Paris, et David Douillet, candidat dans la douzième circonscription des Yvelines, se lancent dans la bataille avec un avantage très nettement favorable.

Parmi la jeune garde aux fortes ambitions, Luc Chatel (première circonscription de Haute-Marne), Bruno Le Maire (première circonscription de l'Eure), Benoist Apparu (quatrième circonscription de la Marne) et François Baroin (troisième circonscription de l'Aube) devraient également être réélus. Mais aucun des quatre ne devrait être élu dès le premier tour dans ces fiefs de droite, comme le ministre de l'Economie en 2007, étant donné les scores importants réalisés par Marine Le Pen au premier tour du scrutin élyséen –à chaque fois supérieur à 22%- dans ces régions.

Enfin, la tâche pourrait s'avérer faisable pour Jean Leonetti dans la septième circonscription des Alpes-Maritimes où Nicolas Sarkozy a fini avec plus de 66% au second tour, ainsi que pour Maurice Leroy dans la troisième circonscription du Loir-et-Cher et pour Nadine Morano dans la cinquième circonscription de Meurthe-et-Moselle. Pour cette dernière toutefois, la forte probabilité d'une triangulaire FN/UMP/PS pourrait bouleverser la donne dans une zone où Nicolas Sarkozy a perdu six points comparé à 2007.

Ils devraient être en ballotage

Trois figures du dernier gouvernement du quinquennat, bien que candidats sur des circonscriptions traditionnellement ancrées à droite, ont du souci à se faire et risque de se retrouver en ballotages compliqués.

Nathalie Kosciusko-Morizet, ex-ministre de l'Ecologie et porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy, voit Nicolas Sarkozy emporter 51% des suffrages dans la circonscription. Mais seulement 49% à Longjumeau, ville dont NKM est l'édile.

Quant à Laurent Wauquiez, maire du Puy-en-Velay où François Hollande a terminé en tête avec près de 56% des suffrages, la bataille sera rude. Et ce, même si sa circonscription, plutôt conservatrice, a opté pour Nicolas Sarkozy de justesse (50,18% au second tour).

A Boulogne-Billancourt, la donne est différente. La circonscription est acquise à la droite, c'est un fait. Mais les divisions locales et le refus du parachutage de Claude Guéant, le ministre de l'intérieur de Nicolas Sarkozy, rendent la situation complexe et fratricide pour l'UMP.

Enfin, Claude Greff, Marc Laffineur et François Sauvadet, respectivement dans la deuxième circonscription d'Indre-et-Loire, la septième du Maine-et-Loire et la quatrième de Côte-d'Or, pourraient avoir à surmonter des triangulaires assassines.

Ils pourraient perdre

Parmi les ministres dont le sort pourrait être une défaite législative au regard des résultats de la présidentielle, le plus marquant est l'ancien secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand. Dans la troisième circonscription de l'Aisne, où l'ancien ministre du Travail est maire de Saint-Quentin, Marine Le Pen est arrivée en tête au premier tour, presque à égalité avec François Hollande (27,8 % pour chacun). Nicolas Sarkozy n'est qu'à 24 % et perd le second tour avec 47 %. Ainsi, outre le risque d'une triangulaire avec un FN fort, la gauche semble majoritaire dans la circonscription. Ce sera dur.

L'un des derniers ministres arrivés au gouvernement Fillon en remplacement de David Douillet au Français de l'étranger, Edouard Courtial, benjamin de l'Assemblée en 2002, aura fort à faire dans sa septième circonscription de l'Oise où le candidat socialiste a devancé de 5 points le président sortant au premier tour. Une tendance confirmée au second tour.

Enfin, face au socialiste Victorin Lurel, président de la région Guadeloupe, Marie-Luce Penchard ne part pas favorite. Loin de là, la Guadeloupe ayant donné près de 55 % des voix à l'ancien député de Corrèze dès le premier tour.

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