Législative partielle dans le Doubs : la moitié des électeurs UMP ont voté FN au second tour

Sophie Montel, candidate du FN dans la législative partielle du Doubs, le 8 février 2015, à Allenjoie.
Sophie Montel, candidate du FN dans la législative partielle du Doubs, le 8 février 2015, à Allenjoie. (SAMUEL COULON / CITIZENSIDE / AFP)

Selon l'analyse d'un chercheur, on ne peut "guère parler de succès du rassemblement républicain", mais plutôt constater "la fusion, relative certes, mais néanmoins bien avancée, des électorats de l'UMP et du FN".

La moitié des électeurs UMP du premier tour ont voté pour le FN et un quart ont voté PS au second tour lors de la législative partielle dans le Doubs dimanche 8 février. C'est ce qu'affirme le chercheur Joël Gombin dans une analyse publiée et expliquée vendredi 13 février sur Slate.fr.

Selon le modèle qu'il a pu établir, le docteur en science politique au Curapp- université de Picardie-Jules-Verne, affirme que "la moitié environ des électeurs ayant choisi l'UMP au premier tour se sont portés sur la candidate frontiste au second tour. Un quart ont choisi le candidat socialiste ; le dernier quart s'est abstenu ou a voté blanc ou nul", écrit-il. Dès lors, on ne peut "guère parler de succès du rassemblement républicain", souligne Joël Gombin, mais plutôt constater "la fusion, relative certes mais néanmoins bien avancée, des électorats de l'UMP et du FN".

Autre enseignement, "le FN n'aurait guère mobilisé de nouveaux électeurs entre les deux tours : à peine plus de 4% des abstentionnistes du premier tour", selon son modèle. Le chercheur souligne au passage que "la progression de 16 points enregistrée entre les deux tours par la candidate frontiste n'a rien d'exceptionnel", ayant "observé des progressions du même ordre, souvent même supérieures, à peu près chaque fois que le FN s'est retrouvé en duel au second tour d'une élection législative en 2012 et depuis, et ce quel que soit son adversaire".

Le "front républicain" n'existe pas

Toujours d'après le modèle qu'il a établi, Joël Gombin affirme que "la victoire du candidat socialiste" Frédéric Barbier "devrait beaucoup à sa capacité à mobiliser de nouveaux électeurs : pas moins de 17% des abstentionnistes du premier tour auraient voté en sa faveur au second tour. Si ce modèle est exact, ces nouveaux électeurs (environ 6 800) auraient même été plus nombreux que ceux qui ont voté pour le candidat socialiste aux deux tours (5 200) ! Les électeurs de Charles Demouge (UMP) ayant choisi Barbier au second tour ne seraient, eux, que quelque 1 750" (26%), ajoute-t-il.

A noter aussi que, selon son modèle, 17% des électeurs au premier tour de Frédéric Barbier ont voté pour le FN au second tour. "Le front républicain, entendu comme coalition des partis 'républicains' contre le Front national, n'existe pas parce que l'UMP refuse d'appeler à voter en faveur du PS, et parce que les électeurs de l'UMP se portent majoritairement sur le FN", affirme-t-il dans ses conclusions.

"En revanche, la perspective de voir un candidat frontiste élu député permet une mobilisation réelle d'électeurs par ailleurs peu politisés et mobilisés, ou en tout cas abstentionnistes au premier tour", poursuit-il. Enfin, "pour passer d'un niveau de premier tour à un score s'approchant des 50% face au PS, le FN doit plutôt compter sur sa force d'attraction envers des électeurs de droite que sur un réservoir d'électeurs FN déjà largement mobilisé au premier tour", souligne le chercheur.

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