Le vote des classes populaires sera déterminant pour la présidentielle

Les employés de la raffinerie Pétroplus manifestent devant leur usine à Petit-Couronne, le 11 janvier 2012.
Les employés de la raffinerie Pétroplus manifestent devant leur usine à Petit-Couronne, le 11 janvier 2012. (AFP - Kenzo Tribouillard)

La présidentielle 2012 se jouera-t-elle sur le vote des catégories populaires ? Assurément si l'on s'en tient à l'intérêt que leur portent les candidats et à l'évolution des intentions de vote depuis 2007.

La présidentielle 2012 se jouera-t-elle sur le vote des catégories populaires ? Assurément si l'on s'en tient à l'intérêt que leur portent les candidats et à l'évolution des intentions de vote depuis 2007.

Toutes les enquêtes convergent, la question de l'emploi sera au cœur de l'élection présidentielle.

Et si ce thème intéresse tous les Français, il est encore plus sensible dans les classes populaires, particulièrement touchées par les récentes annonces de fermetures d'entreprises.

En 2007, l'élection s'était jouée, en partie, sur leur vote. Au premier tour, un tiers des employés (32%) et un quart des ouvriers (26%) avaient voté pour l'actuel président de la République contre 24% pour Ségolène Royal et 25% pour Jean-Marie Le Pen, selon une étude récente de l'institut CSA.

Cinq ans plus tard, la donne a changé. Au delà de son "impopularité" relevée dans toutes les études, le chef de l'Etat a perdu une partie de cet électorat.

Marine Le Pen séduit de plus en plus les classes populaires

M. Sarkozy aura-t-il convaincu, lors de son intervention télévisée dimanche soir, sur sa capacité à relancer l'économie et sauver les emplois ? Son avenir politique en dépend largement.

S'il avait triomphé en captant une partie du vote populaire en 2007, le candidat "du travailler plus pour gagner plus" a en effet perdu des soutiens du côté des classes populaires qui se sont reportés, en partie, sur la candidate du Front national.

Selon une étude Ifop publiée fin décembre, M. Sarkozy n'est plus crédité que de 18% d'intentions de vote chez les ouvriers et 19% chez les employés, contre respectivement 35% et 27% pour Marine Le Pen. Elle devance même sur les premiers, le candidat socialiste qui capte lui 22% des votes ouvriers et 31% des employés.

Autre fait notable, l'attractivité du Front de gauche s'avère assez faible : 9% d'intentions de vote chez les ouvriers et 7% chez les employés selon l'étude de l'Ifop, voire 6% selon une autre étude publiée en janvier, par l'institut CSA.

De là en déduire, que les classes populaires se détournent de la gauche...

Les milieux populaires sont-ils toujours de gauche ?

Longtemps favorables à la gauche, les milieux populaires manifestent aujourd'hui un choix politique très proche de celui du reste de la population.

Selon une récente étude de l'Institut CSA, 46% des employés et des ouvriers s'identifient à un parti classé à gauche, 5% au centre (MoDem) et 41% à droite, des scores quasiment équivalents à ceux observés auprès de l'ensemble des Français (respectivement 47%, 6% et 39%).

Or, au terme du premier tour de l'élection présidentielle en 1981, 67% des ouvriers interrogés par la Sofres avaient déclaré un vote en faveur d'un candidat classé à gauche. Ils étaient encore 60% en 1988.

Selon CSA, le parti socialiste reste toujours la première formation politique à laquelle s'identifient les catégories populaires (30%) en 2012. Mais au printemps 2012, le principal concurrent de M. Hollande chez les actifs issus des catégories populaires sera Mme Le Pen.

L'évolution des rapports de forces politiques au sein des milieux populaires dans les prochaines semaines sera donc déterminante.

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