Entre Fillon et Sarkozy, la guerre pour 2017 est déclarée

L\'ancien chef de l\'Etat, Nicolas Sarkozy, et l\'ex-Premier ministre, François Fillon, lors d\'une cérémonie de commémoration de l\'armistice de 1918, le 11 novembre 2010 à Paris.
L'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, et l'ex-Premier ministre, François Fillon, lors d'une cérémonie de commémoration de l'armistice de 1918, le 11 novembre 2010 à Paris. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Dans un entretien à "Valeurs actuelles", l'ancien Premier ministre martèle qu'il est "mieux placé que Sarkozy pour 2017".

C'est un avant-goût de ce qui attend les militants UMP d'ici à 2017. Le ton continue de monter entre l'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy et celui qui a été son Premier ministre pendant cinq ans, François Fillon. Francetv info en profite pour revenir sur les différentes invectives survenues ces dernières semaines entre les deux protagonistes.

Acte I : Sarkozy accuse Fillon d'être "le pire des traîtres"

Les hostilités ouvrent officiellement fin juin. Selon le journal Le Monde, Nicolas Sarkozy ne fait plus mystère de son agacement à l'égard de François Fillon. A l'un de ses visiteurs, il lance : "C'est le pire des traîtres, il n'est pas capable de me dire en face ce qu'il dit dans les médias !"

Quelques jours plus tard, en meeting à La Grande-Motte (Hérault), François Fillon décide d'ouvrir l'inventaire du sarkozysme, et appelle l'UMP à ne pas rester "immobile, congelé, au garde-à-vous, dans l’attente d’un homme providentiel".

Acte II : Fillon pour la retraite à 65 ans et la sortie des 35h

Fin août, François Fillon dévoile les contours de son projet pour 2017. Candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, le député de la Sarthe plaide notamment en faveur d'un recul de l'âge de départ à la retraite à 65 ans, et d'une sortie définitive des 35 heures. Pour "sortir de la régression qui nous mine depuis un quart de siècle, il faut une thérapie de choc", plaide l'ancien pensionnaire de Matignon.

Acte III : Sarkozy raille le "drôle de programme" de Fillon

La réplique de Nicolas Sarkozy, dont le retour sur la scène politique se précise peu à peu, intervient un mois plus tard. En déplacement à Nice, vendredi 27 septembre, l'ancien chef de l'Etat critique le "drôle de programme" de François Fillon. "Bon courage à celui qui veut se faire élire là-dessus !", s'esclaffe Nicolas Sarkozy.

Acte IV : Fillon tance "ceux qui mentent pour gagner"

Une ironie que François Fillon n'a guère appréciée. En meeting près de Saint-Etienne, dimanche 29 septembre, l'ancien Premier ministre se fait un plaisir de riposter à l'attaque de Nicolas Sarkozy : "Beaucoup de mes amis me disent qu'on ne gagne pas les élections en disant pas vérité, qu'on ne gagne pas en promettant la retraite à 65 ans. Eh bien non ! Je ne tomberai pas dans ces travers ! Car je pense que ceux qui mentent aux Français, pour gagner les élections, les inquiètent beaucoup plus. (...) Oui, on peut être élu en disant la vérité et en proposant des réformes difficiles."

Acte V : Fillon estime être "le mieux placé" pour 2017

Et les hostilités ne font que commencer. Dans le JDD d'abord, dimanche 6 octobre, François Fillon prévient qu'il va "évidemment casser un peu de vaisselle". "J'ai été loyal. J'ai retenu mes critiques et mes remarques. Peut-être trop, estime-t-il. Pendant un an à chacune de nos rencontres, Nicolas me disait : 't'es le meilleur'. Et puis, à peine sorti, il recevait mes amis pour me critiquer. A un moment, on en a marre. Je ne peux pas assumer toutes les conséquences d'une candidature à la présidentielle et ne pas être en conflit avec Nicolas, compte tenu de son état d'esprit. Nous sommes de facto en compétition."

Puis dans un entretien accordé à des journalistes de Valeurs actuelles, mercredi 9 octobre, François Fillon en remet une couche. "Aujourd'hui, je crois que je suis mieux placé que Nicolas Sarkozy pour l'emporter en 2017. Si je ne le pensais pas, je ne serais pas candidat", lance l'ex-Premier ministre. "Quand on perd une élection, on doit se remettre en cause, sinon, c'est un bras d'honneur aux Français", enfonce-t-il, en allusion au manque d'autocritique, à ses yeux, de Nicolas Sarkozy. Et "quand on a été battu, il est très difficile de revenir".

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