Le style Bayrou à la loupe

François Bayrou passe de l\'orange au bleu
François Bayrou passe de l'orange au bleu (DENIS CHARLET / AFP)

Jeudi 19 janvier, François Bayrou tenait le premier meeting de la campagne à Dunkerque. L'occasion de découvrir les nouveautés 2012 dans la mise en scène du candidat. Le MoDem délaisse son orange traditionnel pour adopter le bleu. Décryptage.

Jeudi 19 janvier, François Bayrou tenait le premier meeting de la campagne à Dunkerque. L'occasion de découvrir les nouveautés 2012 dans la mise en scène du candidat. Le MoDem délaisse son orange traditionnel pour adopter le bleu. Décryptage.

Un meeting, ce sont avant tout des discours. Mais ce sont également un cérémonial et une mise en scène qui donnent une atmosphère et façonnent aussi l'image d'un candidat. Décryptage du meeting de François Bayrou.

Le décor

C'est la mauvaise nouvelle du jour. Les sympathisants MoDem vont devoir refaire toute leur garde-robe militante. Au placard, les écharpes et les tee-shirt tendance casimir. L'orange n'est plus le code couleur de François Bayrou. "Pour ne pas faire la même chose qu'en 2007", explique t-on dans son entourage.

Derrière la tribune, un fond de décor donne une aura bleutée au candidat. Cette couleur a été choisie avec soin par l'équipe de campagne parmi plusieurs échantillons. Sur Internet d'abord et puis sur des simulations réelles.
"On ne voulait pas d'un bleu institutionnel. Et puis il fallait trouver un bleu qui aille quand même avec la couleur orange", explique un membre de l'équipe.

Car, içi et là des nuances d'orangé survivent. "Il reste le trait orange sous le slogan, car il faut savoir rester ce que l'on est", explique Marielle de Sarnez, la directrice de la campagne.

A l'entrée de la salle des congrès de Dunkerque, les militants vendent le nouveau tee-shirt de la campagne 10 euros. C'est la société Armor Lux qui a obtenu le marché car elle fabrique ses produits en France. Le tee-shirt est blanc, mais là aussi le slogan de campagne "irrésistible" est imprimé en lettres oranges.

Un militant regarde le stand un peu désappointé. "On aurait du garder la couleur d'avant", maugrée t-il dans son écharpe MoDem.

La musique

En 2007, François Bayrou faisait son entrée dans les meetings sur un morceau du groupe de rock canadien Arcade Fire. Ce serait inimaginable, cette année. Il fallait que ce soit une production française.

C'est une société de design sonore hexagonale qui a été choisie pour la musique. Il s'agit d'une composition originale. Sans être un spécialiste, elle est formée de quatre boucles rythmiques, ce qui lui permettra d'être déclinée dans tous les formats.

Elle pourra être utilisée aussi bien pour illustrer des clips longs (ceux des spots télés de la campagne officielle par exemple) que pour des sonneries de téléphones portables, à destination des militants accros jusqu'au bout des doigts.

Elle était testée jeudi soir, pour la première fois en situation. Il faut donc attendre pour qu'elle soit vraiment associée au candidat. Le staff admet qu'on peut y faire encore quelques ajustements.

Le candidat

Comme en 2007, le candidat Bayrou arrive par le fond de la salle et descend les travées afin de s'offrir un bain de foule sous les objectifs des caméras agglutinées.

En revanche, quand il monte sur l'estrade, il n'y a personne derrière lui. En 2007, en tout cas lors des grands meetings parisiens, une dizaine de militants, la plupart jeunes, se tenaient debout pendant tout le discours. Et on souffrait pour eux, car François Bayrou aime parler longtemps. Très longtemps. Cela n' a pas changé.

"C'est un diesel, il a besoin de temps pour se chauffer", plaisante son entourage.

A Dunkerque, il tenait son premier meeting de campagne. Il s'agissait d'un meeting dit de "référence". "Sur cette question du rapport au peuple, je voulais aller jusqu'au fond de l'affaire", explique t-il dans le train qui le ramène sur Paris.

Contrairement à d'autres candidats -Marine Le Pen fait un meeting tout les dimanches- il ne va pas multiplier ces rendez-vous. François Bayrou conduit sa troisième campagne. Il considère que c'est un avantage par rapport à ses concurrents et qu'il maîtrise mieux la gestion de la fatigue. "J'ai la chance d'avoir une bonne santé naturelle. Sinon je carbure au pamplemousse pressé", confesse t-il.

Ce n'est qu'à partir du mois de mars que François Bayrou va intensifier la tenue des meetings avec en point d'orgue peut-être Bercy à Paris. Comme en 2007.

Mais la consigne dans l'équipe est d'oublier la campagne précédente et de ne pas regarder dans le rétroviseur. Tel est aussi le sens de la mise en scène. Ne pas céder à la nostalgie