Le recruteur du FN piégé par une équipe de Canal+

Paul-Marie Coûteaux lors d\'une manifestation du Front national pour l\'anonymat des parrainages des maires, le 31 janvier 2012, à Paris.
Paul-Marie Coûteaux lors d'une manifestation du Front national pour l'anonymat des parrainages des maires, le 31 janvier 2012, à Paris. ( MAXPPP)

Tête chercheuse du Front national, Paul-Marie Coûteaux a menti à un journaliste de la chaîne cryptée. Mais il a oublié qu'il portait un micro.

"J'ai fait du bluff, encore." Alors qu'une équipe de l'émission "Le supplément", sur Canal+, le suivait lors d'un déplacement à Brest (Finistère), jeudi 28 novembre, Paul-Marie Coûteaux a oublié qu'un micro-cravate était placé sur son manteau. Une fois rentré dans sa voiture, se pensant à l'abri, il a avoué à l'un de ses proches avoir menti devant la caméra.

"J'ai dit qu'on avait fait deux adhésions, parmi [eux] un ancien gaulliste très connu à Brest dans les années 90", prévient cet ancien proche de Charles Pasqua, aujourd'hui membre du Rassemblement Bleu Marine et chargé d'attirer de nouveaux venus au Front national. "J'ai raconté tout un baratin, mais (…) ils vont recouper auprès de vous. Donc il faut dire la même chose !"

"Je ne veux pas qu'ils me filment devant le siège du FN"

Paul-Marie Coûteaux est connu pour avoir fait venir des tenors comme Florian Philippot, vice-président du Front national et Philippe Martel, actuel directeur de cabinet de Marine Le Pen, après être passé par celui d'Alain Juppé. Interrogé par Les Inrocks, il reconnaît son mensonge et affirme que, "en réalité, il s'agissait d'anciens militants du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers" qu'il ne "souhaitait pas griller".

Plus tard dans le reportage, toujours en voiture, il s'emporte contre son chauffeur qui le conduit à la permanence du parti, à Brest. "Je ne veux pas qu'ils me filment devant le siège du FN", s'exclame-t-il, craignant pour son "image". Il sort alors du véhicule et sème la caméra, prétextant être "en retard".