Le plus dur est-il passé pour François Hollande ?

François Hollande ouvre le séminaire gouvernemental sur la France en 2025, le 19 août 2013 à Paris, au palais de l\'Elysée.
François Hollande ouvre le séminaire gouvernemental sur la France en 2025, le 19 août 2013 à Paris, au palais de l'Elysée. (NICOLAS BRIQUET / SIPA)

Après un été plutôt bien négocié et des indicateurs économiques encourageants, l'automne fera figure de test pour le gouvernement

Une popularité faible mais qui ne plonge plus, une économie qui frémit, une opposition écartelée... Malgré le contexte morose, les motifs de satisfaction ne manquent pas pour François Hollande à l'heure d'entamer la deuxième année de son quinquennat. Depuis qu'il a pris les commandes de l'Elysée, le chef de l'Etat n'a jamais dissimulé sa stratégie : d'abord les sacrifices, en attendant, espère-t-il, une embellie économique qui pourrait lui ouvrir la voie vers un second mandat. Et si François Hollande avait déjà mangé une bonne partie de son pain noir ?

Un été plutôt bien négocié

François Hollande a appris des erreurs de l'an passé. Cet été, personne n'a eu le loisir d'apercevoir le couple présidentiel en maillot de bain dans la presse people, ni de rencontrer François Hollande et Valérie Trierweiler dans le TGV des vacances ou sur les plages de la Côte d'Azur. Même s'il a encore des progrès à faire pour soigner son image, le président a voulu se montrer studieux durant l'été, en multipliant les déplacements thématiques sur l'agriculture, l'emploi ou les nouvelles technologies.

Pendant ce temps, les ministres semblaient avoir été invités à la sobriété : vacances courtes et lieux de villégiature pas spécialement exotiques. Au moins ont-ils eu le temps de plancher sur leur vision de la France en 2025. Avec plus ou moins de pertinence.

Finalement, seule la fuite dans la presse de la lettre de Manuel Valls, égratignant la réforme pénale préparée par sa collègue Christiane Taubira, vient écorner un bilan estival globalement positif pour la majorité. Le sujet a été renvoyé à plus tard, les deux ministres font mine d'être complices devant les caméras, mais tôt ou tard, François Hollande devra trancher.

Quelques signes de reprise économique

C'est LA nouvelle qu'attendait désespérément François Hollande depuis plusieurs semaines. La France a enregistré un rebond de 0,5% de son PIB au deuxième trimestre, a annoncé l'Insee le 14 août. Autrement dit, l'Hexagone sort de la récession pour renouer avec la croissance, certes très modeste.

Derrière ce chiffre, ce sont plusieurs indicateurs qui donnent des signes encourageants, comme le notent Les Echos : la consommation des ménages, principal moteur de la croissance, est repartie à la hausse, tout comme la production des biens manufacturés ainsi que les exportations.

Ces signes d'une probable future reprise sont toutefois insuffisants pour espérer faire baisser durablement le nombre de demandeurs d'emploi. L'inversion de la courbe du chômage, promise par François Hollande pour la fin de l'année, reste plus qu'incertaine. Prochain test à l'occasion de la publication des chiffres mensuels des demandeurs d'emploi, le 27 août.

La droite inaudible et déchirée

De son côté, l'opposition a bien du mal à faire entendre sa voix. Les ténors de l'UMP s'écharpent sur l'opportunité de mener un "droit d'inventaire" du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Annoncé bon gré mal gré le 17 août par Jean-François Copé, ce "débat sérieux et objectif" est vu d'un mauvais œil par les fidèles de l'ancien président, qui craignent "un procès" contre Nicolas Sarkozy.

Pour l'éditorialiste du Figaro Yves Thréard, "cette histoire d’inventaire a pris forme lorsque Nicolas Sarkozy a remis les pieds au siège de l’UMP, début juillet, après l’invalidation de ses comptes de campagne. Ce retour a été très mal vécu par beaucoup. Pour Fillon, Wauquiez et d’autres, même Copé, qui ne le dira jamais, la page Sarkozy doit être tournée", affirme-t-il dans un éditorial sur France Inter.

Dans ces conditions, difficile pour l'UMP de s'opposer efficacement à la politique du gouvernement.

Des dossiers délicats à trancher

L'horizon n'est toutefois pas complètement dégagé pour la gauche. Après ses défaites successives aux élections législatives partielles, la majorité absolue du groupe PS à l'Assemblée nationale ne tient plus qu'à trois sièges. Et les relations avec son principal allié, les Verts, sont orageuses. Le programme de la rentrée pourrait bien mettre à mal la cohésion de la majorité.

Dès le 26 août, Jean-Marc Ayrault doit présenter aux partenaires sociaux le contenu de la réforme des retraites préparée pendant l'été. Plusieurs syndicats, dont la CGT et FO, ont d'ores et déjà prévu de manifester le 10 septembre. "Nous serons derrière les syndicats, en première ligne", prévient Jean-Luc Mélenchon dans le JDD, accusant le gouvernement de mener une politique de droite.

Autre gros morceau de l'automne : le budget 2014, qui doit être présenté le 25 septembre. Avec, au programme, de nouvelles hausses d'impôt et des coupes budgétaires drastiques. Malgré le retour timide de la croissance, la France n'en a pas tout à fait terminé avec l'austérité. Ni Hollande avec l'impopularité.

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