Déficit public : le gouvernement obligé de revoir ses ambitions à la baisse

Le ministre des Finances Michel Sapin, le 28 août 2014, à l\'université d\'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines).
Le ministre des Finances Michel Sapin, le 28 août 2014, à l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines). (ERIC PIERMONT / AFP)

Contrairement aux engagements pris au niveau européen, le ministre des Finances Michel Sapin prévoit désormais un déficit public de 4,4% du PIB en 2014, au-delà des 3,8% visés.

L'objectif est encore repoussé. Contrairement aux engagements pris au niveau européen, le déficit public de la France restera en 2014 et 2015 plus élevé qu'en 2013, a annoncé le ministre des Finances Michel Sapin, mercredi 10 septembre, au cours d'une conférence de presse à Bercy. Il atteindra 4,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2014, contre 4,2% à la fin 2013, et 4,3% en 2015. Des chiffres bien loin des 3,8% visés par le gouvernement. Le seuil de 3%, maximum toléré par les traités européens, ne sera atteint qu'en 2017, au lieu de 2015 comme prévu initialement.

Alors que la France avait obtenu un délai de deux ans pour ramener son déficit à la limite européenne, Michel Sapin a précisé que le gouvernement ne demandera "aucune modification des règles" européennes mais souhaite que les réalités économiques, notamment une faible croissance et une faible inflation, soient prises en compte par Bruxelles.

Croissance revue à la baisse mais pas de hausses d'impôts

Car le gouvernement revoit également à la baisse ses prévisions de croissance à 0,4% en 2014 et 1% en 2015. Loin des 1% en 2014 et 1,7% en 2015, prévus avant l'été, mais déjà minorés par Michel Sapin en août.

Malgré le dérapage du déficit cette année, le gouvernement n'augmentera pas pour autant les impôts, a assuré le ministre des Finances. Il mettra intégralement en œuvre les baisses du coût du travail annoncées, selon le calendrier prévu. Et Michel Sapin d'ajouter, comme attendu, que les 21 milliards d'euros d'économies annoncés pour 2015 seront réalisés, pour arriver à un total de 50 milliards d'euros d'économies d'ici à 2017.

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