Le 49-3 aura-t-il raison de la primaire à gauche ?

(Une fois de plus, peut-être a-t-on salué un peu tôt le beau coup tactique de François Hollande © Sipa)

L’article 49-3 dégainé par Manuel Valls pourrait plomber l’union du PS, les frondeurs menaçant de joindre leurs voix à celles des écolos et des communistes, alors que la primaire s'annonce périlleuse pour François Hollande.

 Le passage en force du gouvernement sur la loi travail aura-t-il raison de la primaire à gauche ? C'est l'autre enjeu de la journée. Après le 49-3 dégainé par Manuel Valls, les députés socialistes frondeurs menacent de joindre leur voix à celles des communistes et des écolos pour déposer une motion de censure de gauche. S'ils vont jusqu'au bout, ils seront exclus du PS, a prévenu Solferino, ce qui ne ferait pas les affaires de l'Elysée. 

Au loin, les menaces Montebourg et Macron 

Une fois de plus, peut-être a-t-on salué un peu tôt le beau coup tactique de François Hollande. Une primaire ouverte au PS et à ses alliés, sur mesure pour le président, apparaissait comme une jolie pierre dans le jardin de ses adversaires. Sauf que trois semaines plus tard, la primaire est menacée.

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Ainsi, les frondeurs ont d’ores et déjà prévenu que s’ils étaient exclus du PS, Hollande aurait face à lui un candidat hors parti à la présidentielle. Au hasard, Arnaud Montebourg… Autre rival prêt à zapper la case primaire, Emmanuel Macron, qui agace particulièrement ses collègues de Bercy. Annoncé pour juin, son départ du gouvernement serait désormais pour juillet. 

"P comme pourri, S comme salaud" 

La primaire passera-t-elle l'été ? Même le radical Jean-Michel Baylet fait douter, mécontent d'être associé au processus à l'insu de son plein gré. Les socialistes ne peuvent même pas compter sur leur université d'été pour se consoler : elle est tout simplement annulée. "P comme pourri, S comme salaud " : c’est le refrain entonné à chaque réunion publique, pendant que Manuel Valls essuie des huées. Ce n’est d’ailleurs pas terminé : la CGT "donne rendez-vous à tous les mécontents à la rentrée ". "Il faut avoir le recul du sage ", philosophe l'Elysée, les socialistes finissent toujours par se rabibocher… "

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