"Il n'y aura pas forcément d'exclusion" : le député Aurélien Taché convoqué par LREM après avoir critiqué les propos de Blanquer sur le voile

Le député LREM Aurélien Taché à Lyon, le 19 février 2018.
Le député LREM Aurélien Taché à Lyon, le 19 février 2018. (LAURENT CERINO/REA / REA)

Le député Aurélien Taché a déploré que le Rassemblement national puisse "récupérer les mots" du ministre de l'Education sur le port du voile, "pas souhaitable dans notre société".

"Ne pas laisser passer un propos aussi grave sans réagir". Le médiateur de La République en marche a été saisi, mardi 15 octobre, après les critiques du député Aurélien Taché à l'encontre de Jean-Michel Blanquer, a appris franceinfo auprès de l'entourage de Stanislas Guérini, délégué général du parti, et d'Ilana Cicurel, déléguée LREM à l'éducation, confirmant une information du Monde

Dans les quinze jours qui viennent, le député du Val-d'Oise devrait participer à une cellule de médiation afin de s'expliquer sur ses propos concernant le ministre de l'Education. Ces différentes déclarations interviennent après que l'élu du Rassemblement national (RN) Julien Odoul a pris à partie une mère voilée accompagnant son fils en sortie scolaire, lors d'une assemblée du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, vendredi.

Interrogé dimanche sur BFMTV au sujet de cette polémique, le ministre de l'Education a déclaré que le port du voile "n'était pas souhaitable dans notre société". Dans une interview accordée lundi au Point, Aurélien Taché a de son côté déploré que le RN puisse "récupérer les mots de Jean-Michel Blanquer"Le député de la majorité estime que les propos du ministre "amènent de la confusion".

Ce n'est pas souhaitable que les responsables politiques s'érigent en théologiens. C'est une véritable erreur de méthode et cela ne produit aucun effet.Aurélien Taché, député LREMau "Point"

"Un temps d'explication"

"Le rapprochement des propos indignes d'un élu RN avec ceux d'un ministre n'est pas conforme au respect de notre collectif", a fait savoir le patron de LREM, Stanislas Guerini. "J'ai donc saisi la cellule de médiation du mouvement pour permettre à Jean-Michel Blanquer et Aurélien Taché d'avoir un temps d'explication", a-t-il poursuivi en précisant que cette instance n'avait "pas vocation à arbitrer une prise de position sur le fond du débat mais sur la forme."

La décision a été prise lundi soir lors du bureau exécutif du mouvement. Selon Le Monde, Jean-Michel Blanquer, par la voix d'Ilana Cicurel, qui le représentait, a demandé la saisie de la commission des conflits de LREM pour qu'une sanction soit prise à l'encontre du député. "Ce n'est pas Jean-Michel Blanquer qui a voulu saisir la commission", affirme toutefois Ilana Cicurel à franceinfo.

Il y a eu un échange entre Jean-Michel Blanquer et Stanislas Guérini. Ensuite, Stanislas Guérini a voulu saisir la commission des conflits.Ilana Cicurel, déléguée LREM à l'éducationà franceinfo

La cellule de médiation intervient avant la commission des conflits. Elle émet des recommandations, dont la possible saisie, par la suite, de la commission des conflits. "Il n'y aura pas forcément d'exclusion. Le but est que ce genre de comportement ne se répète pas", explique la déléguée à l'éducation. En juin, la commission des conflits avait notamment prononcé l'exclusion de la députée de l'Oise Agnès Thill après ses propos contre la PMA pour toutes les femmes.

Dans son interview au Point, Aurélien Taché précise qu'il différencie "de manière très nette" le ministre de l'Education et Julien Odoul. "Je sais parfaitement que le ministre ne partage pas les opinions de Julien Odoul. D'un côté, il y a un acte d'humiliation et, de l'autre, une position théorique d'un ministre dans un débat qui n'est ni celle de la majorité, ni celle d'Emmanuel Macron, ni la mienne", précise-t-il.

"Un franc-tireur qui veut exister"

Le parti est-il divisé sur la question ? Si Ilana Cicurel reconnait qu'il y a un "débat complexe", elle assure qu'il n'y a "pas de crise" au sein de la maison LREM. "Jean-Michel Blanquer a dit qu'il n'avait pas le souhait de légiférer, de changer le droit [sur le port du voile pour les mères accompagnatrices]. Mais il considère qu'il faut donner sa force au dialogue et à la pédagogie pour ne pas encourager un 'phénomène' qui a lieu dans certains territoires." Quant à Aurélien Taché, il s'agit, selon elle, d'un "franc-tireur qui veut exister et ne représente que lui-même."

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