"Ça ne peut pas venir de chez nous" : les Verts s'étonnent des accusations de "vengeance politique" lancées par François de Rugy

François de Rugy s\'exprime lors de sa passation de pouvoir avec Elisabeth Borne, après sa démission du ministère de la Transition écologique, le 17 juillet 2019 à Paris.
François de Rugy s'exprime lors de sa passation de pouvoir avec Elisabeth Borne, après sa démission du ministère de la Transition écologique, le 17 juillet 2019 à Paris. (MAXPPP)

Sur franceinfo, le ministre démissionnaire a estimé, vendredi, que les révélations sur le paiement de ses cotisations à EELV avec son indemnité de frais de mandat venaient forcément de son ancien parti.

De retour dans les médias un mois et demi après sa démission, François de Rugy passe à l'offensive. Invité de franceinfo, vendredi 6 septembre, l'ancien ministre de la Transition écologique et solidaire a pointé du doigt une nouvelle source des révélations sur l'utilisation de l'argent public : outre une "vengeance personnelle" qu'il avait déjà évoquée, il affirme être la cible d'une "vengeance politique très claire" prenant sa source dans les rangs d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), son ancien parti. Interrogés par franceinfo, plusieurs responsables du parti répondent qu'ils n'avaient "aucun moyen" de disposer des informations évoquées par Rugy.

Sur le plateau de franceinfo, l'ancien ministre évoquait en effet un volet bien précis de l'affaire : l'utilisation de ses frais de mandat de député pour payer sa cotisation annuelle à EELV, et ce à plusieurs reprises. Une information dévoilée par Mediapart le 16 juillet, quelques minutes après la démission de l'intéressé. Le site explique qu'il l'avait interrogé sur ce nouveau volet la veille au soir, sans recevoir de réponse.

"Pour nous venger de quoi ?"

"Il n'y a pas 36 personnes qui avaient cette information, a expliqué François de Rugy. Je n'accuse pas de gens personnellement, parce que je ne peux pas savoir qui l'a fait personnellement. Mais je sais d'où ça vient, ça ne fait aucun doute." Il soupçonne ses anciens camarades d'avoir mal vécu son ralliement à Emmanuel Macron. Interrogé sur l'existence de preuves de ce qu'il avance, il a répondu qu'il en avait, mais a refusé d'en dire plus, promettant des explications "dans les semaines et les mois qui viennent" dans un livre.

"Bien sûr... On n'a que ça à faire..." ironise David Cormand, le secrétaire national du parti, joint par franceinfo. 

Pour nous venger de quoi ? Ça fait un moment qu'on est passés à autre chose. Il est complètement en 'nervous breakdown'.David Cormand, secrétaire national de EELVà franceinfo

Par ailleurs, avance-t-il, "on n'avait aucun moyen de savoir qu'il avait payé une partie de ses cotisations d'élu avec son IRFM". Même son de cloche chez l'eurodéputé Yannick Jadot, qui ne commente pas les accusations, mais "comprend que ça ne peut pas venir de chez nous, car nous ne savons pas l’origine du compte débiteur".

"Un compte libellé au nom de François de Rugy"

C'est ce que confirme le trésorier du parti, Thierry Brochot. Après la publication de l'article de Mediapart, il explique avoir mené des vérifications "pour voir si on aurait pu savoir". Selon lui, "non, on n'avait aucun moyen : les règlements venaient d'un compte libellé au nom de François de Rugy, et lié à son adresse personnelle". Rien n'indiquait que ce compte était alimenté par son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM). Simplement qu'il avait été ouvert au Crédit coopératif de Nantes. 

Thierry Brochot assure également avoir interrogé l'Assemblée nationale, qui lui aurait confirmé qu'il était impossible pour le parti de connaître la provenance de ces montants. Il déplore d'ailleurs que les chèques puisant dans l'IRFM ne soient pas clairement indiqués comme tels. "Il faudrait qu'on le sache et que l'on puisse refuser de les encaisser si on pense que ce n'est pas conforme" aux règles d'utilisation de cette somme. Quoi qu'il en soit, "je sais que ça ne vient pas de moi, ni de mes services, ni de l'équipe actuelle". Quant à la trésorière en poste à l'époque des faits, Marie-Pierre Bresson, elle a depuis quitté EELV pour rejoindre l'UDE ... comme l'avait fait François de Rugy, même s'il s'est rallié depuis à LREM.

Interrogé par franceinfo, Julien Bayou, porte-parole d'Europe Ecologie-Les Verts, estime que l'accusation portée par François de Rugy est "grave", mais qu'il n'avance "rien de concret", et que le parti devrait donc s'abstenir de l'attaquer en diffamation.

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