Des élus et anciens élus PS signent une tribune pour un "pôle de gauche" dans la majorité

Le maire de Strasbourg Roland Ries au côté d\'Emmanuel Macron à l\'occasion d\'une cérémonie des 70 ans du Conseil de l\'Europe, le 1er octobre 2019.
Le maire de Strasbourg Roland Ries au côté d'Emmanuel Macron à l'occasion d'une cérémonie des 70 ans du Conseil de l'Europe, le 1er octobre 2019. (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

Au total, 76 personnalités politiques cosignent un texte prônant la création d'une sensibilité de gauche au sein de La République en marche. 

Elus, anciens élus issus du PS et sympathisants ont publié un "manifeste pour un pôle de gauche dans la majorité" LREM, dimanche 20 octobre, afin de porter "une voix sociale et républicaine" attentive à "la réduction des inégalités et la laïcité". Les 76 signataires de cette tribune publiée dans Le Journal du Dimanche entendent construire ce pôle indépendant de LREM autour du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et du secrétaire d'Etat à la Fonction publique Olivier Dussopt, tous deux issus du Parti socialiste.

En tant que sociaux-démocrates longtemps marginalisés, nous nous sentons dépositaires d'une culture de gouvernement plus proche aujourd'hui du réformisme gouvernemental que de la dérive illibérale de la gauche protestataire.Les signataires de la tribunedans "Le Journal du dimanche"

Ces soutiens d'Emmanuel Macron, qui ont vécu "l'implosion" du PS et "la sanction électorale du grand écart de la gauche" lors du quinquennat Hollande, se disent "convaincus qu'il faut élargir la majorité présidentielle, la rendre plus pluraliste et y faire entendre fortement une voix sociale et républicaine".

Aujourd'hui, "le cap est le bon et la France est gouvernée", jugent-ils, "malgré de regrettables maladresses". Alors que "le pacte républicain est fragilisé" par de "profondes fractures sociales, territoriales et culturelles", ils soulignent que "la réduction des inégalités et la laïcité doivent rester au cœur de nos valeurs et de notre exigence républicaine".

"L'impératif écologique et la transition énergétique, sauf à se heurter à des résistances violentes, nécessitent l'accompagnement plutôt que l'ostracisation des professions et des populations les plus exposées aux changements de notre modèle de croissance", ajoutent-ils. Ils précisent "adhérer à l'ambition d'égalité des chances et de mobilité sociale par une revalorisation du mérite et du travail".

Le Drian à la manœuvre

Après la crise des "gilets jaunes" qui a transformé le rapport des Français à la politique et à la démocratie, ils affirment la nécessité d'être "sans complaisance avec les mensonges du populisme" notamment, avec "en contrepartie une éthique politique scrupuleuse et un usage reconsidéré de la force publique lorsqu'elle est nécessaire".

Le maire de Strasbourg Roland Ries ou l'ancien secrétaire d'Etat François Loncle figurent notamment dans les signataires. Le ministre Jean-Yves Le Drian est à la manœuvre depuis plusieurs mois pour constituer une sensibilité de gauche, qui serait un pendant à "La République des maires" de l'élu angevin Christophe Béchu, orientée au centre-droit.

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