La proposition de Jean-François Copé de baisser les cotisations sociales et d'augmenter la TVA divise la majorité

Jean-François Copé (g) et François Fillon (d), lorsd\'une réunion de l\'UMP, le 17 novembre 2010.
Jean-François Copé (g) et François Fillon (d), lorsd'une réunion de l'UMP, le 17 novembre 2010. (AFP - Joel Saget)

Le secrétaire général le répète à l'envi:"aucun sujet n'est tabou". Fort de ce principe, le secrétaire général de l'UMP multiplie les propositions qui clivent la droite. Dernier en date, la hausse de la TVA.Le Premier ministre François Fillon a bien tenté mardi de clore le sujet. En vain. Les sénateurs y sont favorables. Ils l'ont répété mercredi.

Le secrétaire général le répète à l'envi:"aucun sujet n'est tabou". Fort de ce principe, le secrétaire général de l'UMP multiplie les propositions qui clivent la droite. Dernier en date, la hausse de la TVA.

Le Premier ministre François Fillon a bien tenté mardi de clore le sujet. En vain. Les sénateurs y sont favorables. Ils l'ont répété mercredi.

"Nous ouvrons le débat et il est honnête de dire que nous ne savons pas exactement à quel moment il faut arrêter soit la CSG, soit les charges, soit la TVA ", a ainsi déclaré le chef de file des sénateurs UMP Gérard Longuet, sur iTélé.

"C'est une réflexion qui est globale, c'est une réflexion post-2012, c'est une réflexion qui est utile". "Il ne faut pas toujours avoir le nez dans l'immédiat" a renchéri l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, sur Canal Plus.

Au delà de l'aspect technique et des inquiétudes liées à la "cinquantaine de sièges" qu'aurait coûté le débat sur ce sujet dans l'entre-deux tours des législatives en 2007, la rivalité entre le locataire de Matignon et le patron de l'UMP émerge en toile de fond.

La guerre des chefs Copé-Fillon

La tension croissante entre deux des figures majeures de la majorité n'est certes pas récente. Mais depuis l'accession à la tête de l'UMP du maire de Meaux Jean François Copé, leur discorde est patente.

Après les dissensions sur les 35h et le statut des fonctionnaires, l'idée d'une hausse, même d'un point, de la TVA a rallumé la mèche. "On n'a pas de marge sur la TVA" a répliqué François Fillon à l'issue de la réunion hebdomadaire du groupe UMP à l'Assemblée, au lendemain de la proposition de Jean-François Copé.

"On parle de convergence avec l'Allemagne mais, Berlin ayant relevé sa TVA, les taux français et allemand sont à peu près équivalents. Si on augmente notre TVA, on se redécale par rapport à l'Allemagne". Plutôt que de réfléchir à une augmentation des recettes fiscales, mieux vaut se concentrer sur "diminuer les dépenses", a-t-il poursuivi.

Une position bien loi de celle du secrétaire général de l'UMP. Dans un entretien publié mardi par Le Parisien, Jean-François Copé affirme au contraire qu"Il faudrait (...) baisser les cotisations sociales, qui ne sont payées que par quelques-uns, et faire un transfert sur la TVA, qui est, elle, payée par tout le monde". "Un point supplémentaire de TVA, ça se voit à peine". "Il y aura certes une augmentation mais tout le monde sera gagnant au final." ajoute-t-il.

Et d'enfoncer le clou mercredi tout en récusant un quelconque "problème" entre lui et le Premier ministre. "C'est un débat que nous lançons pour la présidentielle et qui n'a pas vocation à être clos maintenant. Cela s'inscrit dans la durée, comme la réflexion sur le temps de travail, comme la réflexion sur le pacte républicain", a répété mercredi le patron de l'UMP, lors de son point-presse hebdomadaire.

La gauche dénonce mais est aussi divisée sur le sujet

Pour la première secrétaire du PS, pas de doute. "M. Copé dit souvent tout haut ce que M. Sarkozy pense tout bas, c'est un peu son arrière-pensée" et "moi je pense que c'est peut-être l'avant pensée du candidat Sarkozy, c'est ce qu'il nous prépare", a déclaré Martine Aubry sur RTL.

Sur le fond, la maire de Lille s'est dite opposée à une hausse de la TVA. Cette proposition est "une mauvaise idée" car cela revient à transférer des charges "des entreprises vers les consommateurs c'est-à-dire vers les salariés notamment, alors que nous, nous disons il faut transférer des entreprises capitalistiques vers des entreprises de main d'oeuvre pour aider l'emploi". "Nous, nous proposons qu'on transfère les cotisations patronales sur la valeur ajoutée" des entreprises, a-t-elle ajouté.

Voilà pour la ligne officielle du PS. Sauf que cette position est contestée.

Début janvier, le député PS et candidat à la présidentielle Manuel Valls a écrit une lettre de quatre pages aux membres du Conseil national du PS dans laquelle il se prononce pour "un allègement du coût du travail pour les entreprises" et "l'instauration d'une TVA très sociale en substitution d'une part des charges sociales payées par l'employeur" pour faire "face à l'intensité de la crise économique"

L'ex-sherpa de François Mitterand est sur la même ligne. Dans son rapport issu des travaux de la commission pour la libération de la croissance qu'il a remis à Nicolas Sarkozy mi octobre, Jacques Attali proposait ni plus ni moins que de "supprimer 3 points de cotisations sociales en les finançant par 0,6 point de CSG et 1,2 point du taux normal de TVA"(décision 300, ndlr du rapport).

Et qu'en pense Dominique Strauss-Kahn ? Pour l'heure, le directeur général du FMI s'est bien gardé d'entrer dans le débat, tenu (protégé?) par son devoir de réserve.

Un indice. Mi-octobre, l'un de ses proches le député parisien Jean-Marie Le Guen, plaidait très clairement pour une augmentation de la TVA: "Il nous faut amorcer un véritable big bang fiscal, ne s'interdire aucun tabou et interroger toutes les facettes de notre système fiscal, y compris la TVA". "La TVA est un impôt très efficace pour financer les politiques publiques, les services au public et les prestations sociales", écrivait l'élu parisien dans une tribune publiée dans Le Monde, cosigné déjà, par Manuel Valls.

De là, à déduire que le sparadrap pourrait bien coller à la casaque socialiste...

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