La mise en cause de la fédération PS des Bouches-du-Rhône par le député Arnaud Montebourg agace l'état major du parti

Le député Arnaud Montebourg, candidat aux primaires socialistes, donne un point presse à Pessac, le 8 février 2011.
Le député Arnaud Montebourg, candidat aux primaires socialistes, donne un point presse à Pessac, le 8 février 2011. (AFP - Jean-Pierre Muller)

L'affaire n'est pas nouvelle. Les suspicions de malversations touchant à des marchés publics ont commencé il y a deux ans après l'envoi d'un courrier anonyme.Mais le rapport à charge du député PS Arnaud Montebourg sur les pratiques de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône a rallumé les projecteurs, déclenchant l'ire de la rue Solferino.

L'affaire n'est pas nouvelle. Les suspicions de malversations touchant à des marchés publics ont commencé il y a deux ans après l'envoi d'un courrier anonyme.

Mais le rapport à charge du député PS Arnaud Montebourg sur les pratiques de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône a rallumé les projecteurs, déclenchant l'ire de la rue Solferino.

A commencer par le n°2 du parti socialiste Harlem Desir qui interrogé vendredi matin sur RTL, a insisté pour que soient distinguées les affaires judiciaires en cours, relevant du droit commun, et Jean-Noël Guérini qui, à ce stade "n'a pas été mis en cause".

"Il y a en ce moment une enquête qui est menée à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône" sur les marchés publics. Moi, je souhaite que le juge aille au bout de son enquête et qu'il nous éclaire", a souligné le député de Paris.

"Mais j'aimerais qu'on ne fasse pas d'amalgame. Concernant Alexandre Guérini, il n'a pas été entendu par ce juge. Il n'a pas été mis en cause. Nous sommes en République, donc pour pouvoir lancer des accusations, il faut qu'il y ait des faits", a-t-il ajouté.

Un rapport au vitriol

Dans un document étiqueté "confidentiel" diffusé par lepoint.fr, Arnaud Montebourg dénonce "un système de pression féodal reposant sur l'intimidation et la peur" et qualifie le conseil général "d'instrument clientéliste" pour "asseoir sans partage le pouvoir de son président".

Un réquisitoire que le député de Saône-et-Loire achève par la demande de "mise sous tutelle" de la fédération et la "destitution" de M. Guérini.

Climat de suspicion dans les Bouches-du-Rhône

Depuis l'incarcération en décembre d'Alexandre Guérini, entrepreneur spécialisé dans les déchets publics, soupçonné de malversations multiples touchant à des marchés publics des Bouches-du-Rhône, les regards se sont tournés vers son frère Jean-Noël, sénateur, président du conseil général et patron de la fédération départementale du PS.

Et sur toutes les lèvres, une question: l'affaire Alexandre Guérini deviendra-t-elle la sienne ?

Tout a commencé en avril 2009, où suite à la réception d'un courrier anonyme dénonçant un système de détournement visant à enrichir "deux hommes", le procureur de la république de Marseille a décidé d'ouvrir une information judiciaire.

Au fil de son enquête, l'influence exercée par Alexandre Guérini sur les collectivités publiques de la région n'a fait que se confirmer. Au point de conduire l'entrepreneur en prison où il séjourne depuis le 1er décembre.

Jean-Noël Guérini se défend et contre-attaque

"Je m'inscris totalement en faux contre ce texte, mensonger, calomnieux et diffamatoire", a réagi jeudi Jean-Noël Guérini, annonçant qu'il porterait plainte contre Arnaud Montebourg et qu'il avait chargé Me Patrick Maisonneuve d'instruire la procédure.

"Cet élu qui se prend pour un procureur tient des propos péremptoires sur le Conseil général des Bouches du Rhône, sa gestion et son fonctionnement. Son attitude, digne d'un inquisiteur, est inacceptable", ajoute le sénateur dans un communiqué.

Les plaintes contre Montebourg s'accumulent

A la direction du PS, certains accusent M. Montebourg d'avoir utilisé ce rapport pour s'attirer les médias et dynamiser sa candidature aux primaires en 2012.

"Il n'y a pas d'éléments précis dans ce rapport," a confié mercredi à la presse la première secrétaire Martine Aubry. "Il faut laisser la justice faire son travail", a-t-elle ajouté.

La gène est toutefois palpable rue Solférino. Et pour cause. L'état-major PS a validé en septembre l'accession de M. Guérini à la tête de la fédération, pourtant incompatible, dans les statuts du PS, avec la présidence du conseil général.

Soupçonnant même le député de Saône-et-Loire de "collusion avec la droite marseillaise", le premier secrétaire fédéral délégué des Bouches-du-Rhône, Jean-David Ciot, a averti que "si la preuve était faite de ces collusions (...) nous demanderions l'exclusion d'Arnaud Montebourg du parti socialiste".

A trois semaines des cantonales, l'ambiance se tend au sein de la direction du PS à Paris, et dans l'une des plus importantes fédérations socialistes.

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