La droite divisée sur la question de l'abattage rituel

François Fillon, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont exprimé des divergences sur le sujet de l\'abattage rituel des animaux.
François Fillon, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont exprimé des divergences sur le sujet de l'abattage rituel des animaux. (ERIC FEFERBERG / SEBASTIEN BOZON / FABRICE COFFRINI / AFP / MONTAGE FTVI)

"Sujet de préoccupation majeur" pour les uns, "faux problème" pour les autres, la question de la viande halal et casher a divisé la majorité.

Dur, dur de parler d'une seule voix. Lundi 5 mars, la majorité présidentielle s'est divisée sur la question de l'abattage rituel des animaux. "Sujet de préoccupation majeur" contre "faux problème", "pratiques ancestrales" contre manque de "respect de la foi"... FTVi fait le point sur les différentes réactions.

• François Fillon s'attire les foudres du Crif, et de certains de son propre camp

Tout a commencé lundi matin. Dans les studios d'Europe 1, François Fillon était invité à réagir au sujet de la polémique sur l'étiquetage de la viande halal. Le Premier ministre a alors déclaré à titre personnel que "les religions devaient réfléchir au maintien de traditions qui n'ont plus grand-chose à voir avec l'état aujourd'hui de la science, l'état de la technologie, les problèmes de santé". "On pourrait y réfléchir", a-t-il ajouté, précisant toutefois que ce n'était "pas le jour et pas le moment d'engager ce débat".

Malgré cela, ces déclarations ont suscité le mécontentement du président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, dont l'organisation entretient de bonnes relations avec Nicolas Sarkozy. "J'ai été choqué de l'entendre s'exprimer ainsi (…), la déclaration de François Fillon est stupéfiante, s'est-il indigné. Même s'il dit que c'est à titre personnel qu'il s'exprime, quand on est Premier ministre, on a une parole officielle. Nous sommes dans un pays de séparation de l'Eglise et de l'Etat."

Mais les critiques viennent aussi directement de l'UMP. Salima Saa, secrétaire nationale du parti chargée du développement urbain, a vivement réagi : "Au nom de quoi parle-t-on de pratiques ancestrales ? Où est le respect de la foi, des pratiques et des individus ? Je suis attristée de voir s'étaler des jugements négatifs et dévalorisants sur les musulmans de France (...). De tels propos n'ont pas de place dans le débat", poursuit-elle.

• "Faux problème" pour Juppé, "premier sujet de préoccupation" des Français pour Sarkozy

Le ministre des Affaires étrangères est peu ou prou sur la même longueur d'ondes que François Fillon. Invité à réagir sur le lien effectué par Claude Guéant entre vote des étrangers et viande halal, Alain Juppé a déclaré qu'il s'agissait d'un "faux problème".

"On n'est pas tous coulés dans le même moule. J'ai déjà dit que le 'choc des civilisations' n'était pas ma tasse de thé. Je pense que le problème de la viande halal est un faux problème en réalité, qu'il y a d'autres vraies questions qu'il faut se poser", a déclaré le maire de Bordeaux.

Ces propos ne vont en tout cas pas dans le même sens que ceux d'un certain Nicolas Sarkozy. Le président candidat a affirmé lundi devant des journalistes que la viande halal était le "premier sujet de préoccupation et de discussion des Français", et qu'il ne fallait pas laisser "que ceux qui aboient s'exprimer sur ce sujet".

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