La colère des élues UMP parisiennes peut-elle s'étendre au reste de la France ?

La question de la parité à l\'UMP va-t-elle polluer la campagne de Nicolas Sarkozy ?
La question de la parité à l'UMP va-t-elle polluer la campagne de Nicolas Sarkozy ? (THOMAS COEX / AFP)

Samedi 28 janvier, l'UMP tient un conseil national qui doit valider les investitures aux élections législatives. Seulement 28% de femmes devraient être investies. Rachida Dati et d'autres élues en colère devraient boycotter la réunion.

Samedi 28 janvier, l'UMP tient un conseil national qui doit valider les investitures aux élections législatives. Seulement 28% de femmes devraient être investies. Rachida Dati et d'autres élues en colère devraient boycotter la réunion.

Sauf surprise de dernière minute, Rachida Dati devrait boycotter le conseil national de l'UMP qui va valider les investitures pour les législatives. Et elle ne sera pas la seule.

L'exemple parisien

Les élues parisiennes qui n'ont pas été retenues lancent l'offensive sur le non-respect de la parité de leur parti. Au mois de juin, l'UMP ne devrait présenter que 28% de femmes. A peine mieux qu'en 2007. A Paris, toutes les circonscriptions gagnables pour la droite auront des candidats.

Certaines des femmes non-investies comme Brigitte Kuster dans le XVII ème arrondissement sont écartées pour des raisons de rivalités politiques entre François Fillon et Jean-François Copé sur la capitale auxquelles s'ajoutent des historiques locaux particuliers. Mais le manquement à la parité devient une arme politique et elles sont bien décidées à s'en servir.

Mme Kuster dans un communiqué vendredi se fait menaçante." Les femmes ont décidé de résister. A Paris et ailleurs, elles seront nombreuses à se présenter dans leur circonscription sans l'étiquette de l'UMP", écrit la maire du XVII ème. "Ce n'est pas un appel à la dissidence, mais je pointe du doigt un dysfonctionnement. Moi en juin, je serai une candidate libre, pas dissidente".

Carte de membre

Géraldine Poirault-Gauvin, qui pourrait l'une des dissidentes ou "candidates libres" dans le 15 ème arrondissement, use de l'arme humoristique. Sur son blog, de façon assez drôle, elle définit les critères d'une carte de membre pour un club des futurs députés UMP.

"La lâcheté masculine c'est de ne rien dire, de ne rien faire et d'attendre que ça se passe. Là ça ne passera pas. Jusqu'au mois de juin, tout est possible, on peut encore changer les investitures", déclare Mme Poirault-Gauvin.

Les deux élues parisiennes souhaitent donner dans les prochaines semaines une envergure nationale à leur mécontentement et encourager des élues de toute la France à agir de même.

Au risque de polluer la campagne de Nicolas Sarkozy ?

" On n'a pas besoin de déstabiliser la droite au moment de la présidentielle", rétorque Chantal Jouanno pour FTV 2012. La sénatrice de Paris partage "sur le fond le constat" et considère "que l'UMP ne se grandit pas dans cette affaire de manquement à la parité".

"Mais on ne tire pas contre son camp et la parité ce n'est pas uniquement que quand ça vous arrange", ajoute l'ancienne ministre des sports. Elle fait allusion au fait qu'aux dernières sénatoriales Mme Kuster a soutenu la liste dissidente de Pierre Charon, éliminant la sénatrice sortante Catherine Dumas.

La maire du XVII ème se défend d'alimenter la machine à perdre. " Moi dans mes réunions publiques, je défends le bilan de Nicolas Sarkozy et je ne critique pas publiquement sa stratégie présidentielle comme certains parlementaires", déclare-t-elle.

"Connaissant son tempérament, Nicolas Sarkozy ne va pas laisser ce problème polluer sa campagne. Si le parti ne règle pas la question, le candidat le fera", veut croire Mme Poirault Gauvin.

Bachelot en exemple

Combien de femmes manqueront à l'appel demain ? "Franchement, on a d'autres soucis que celui-là", témoigne une cadre du parti qui n'a pas eu d'investiture.

Les conversations porteront sans doute plus sur l'intervention du président de la République à la télévision prévue dimanche.

Aujourd'hui, nombre de ces élues rendait hommage à Roselyne Bachelot qui a décidé de ne pas briguer un nouveau mandat, en espérant sans guère y croire que cela puisse inspirer quelques députés masculins sortants.