La candidate à la tête du FN a comparé vendredi soir les "prières de rue" des musulmans à "une occupation"

Marine Le Pen en meeting à Lyon, le 10 décembre 2010.
Marine Le Pen en meeting à Lyon, le 10 décembre 2010. (AFP - Jean-Philippe Ksiazek)

En campagne interne à Lyon, sur les terres de son rival à la tête du FN Bruno Gollnisch, elle a déclaré que ces prières de rue étaient "une occupation. Certes il n'y a pas de blindés, il n'y a pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même".Ces propos ont été dénoncés ce week-end par toute la classe politique, à gauche comme à droite.

En campagne interne à Lyon, sur les terres de son rival à la tête du FN Bruno Gollnisch, elle a déclaré que ces prières de rue étaient "une occupation. Certes il n'y a pas de blindés, il n'y a pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même".

Ces propos ont été dénoncés ce week-end par toute la classe politique, à gauche comme à droite.

Tous ont souligné combien Marine Le Pen est "la copie conforme" de son père, comme l'a bien résumé le ministre UMP de l'Education Luc Chatel.

"Voici le vrai visage de l'extrême droite française qui n'a changé en rien et Marine Le Pen est aujourd'hui aussi dangereuse que Jean-Marie Le Pen ", a réagi le porte-parole du PS, Benoît Hamon, qui a crié à "l'insulte", en rappelant que l'extrême droite avait collaboré avec l'occupant.

"Choquée", la patronne du PS, Martine Aubry, a jugé que "Marine Le Pen repren(ait) les accents de son père dans des buts purement clientélistes et en renvoyant aux marges de notre République des hommes et des femmes qui ont toute leur place".

Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé s'est lui aussi indigné: "Marine Le Pen, c'est son père! Il faut arrêter de se mentir, c'est exactement la même personnalité que celle de son père", les "mêmes techniques", les "mêmes amalgames" et "les mêmes propos".

"Le naturel revient au galop et on voit bien que derrière une façade peut-être plus respectable au début, il y a réellement un fond de xénophobie qui s'exprime", s'est ému le député UMP Jean-François Lamour.

Arnaud Montebourg (
PS) s'est "inquiété" dimanche sur Radio J "de la façon dont la France est en train de se laisser aller dans une sorte de guerre civile, des guerres identitaires pendant longtemps à bas bruit, du fait de ceux qui l'exploitent électoralement". Pressé de dire à qui il faisait allusion, il a répondu qu'il s'agissait du FN mais aussi "des dirigeants politiques au pouvoir".

Pour Cécile Duflot (Europe Ecologie-Les Verts), Mme Le Pen "n'est pas plus light que son père", elle "attise les peurs et les haines" et "utilise des ressorts racistes".

Le numéro un du PCF, Pierre Laurent, a demandé "la condamnation des propos injurieux et racistes". Une éventualité repoussée par Michel Mercier, le ministre de la Justice, qui a plaidé pour "un combat politique contre le FN".

Le Mrap va porter plainte
Quant au Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), il a annoncé dimanche son intention de porter plainte contre Mme Le Pen pour incitation à la haine raciale. Samedi, le Mrap avait exprimé son "dégoût" et son "indignation", après les propos "immondes" de Marine Le Pen.

Les propos de Marine Le Pen
"Il y a quinze ans on a eu le voile, il y avait de plus en plus de voiles. Puis il y a eu la burqa, il y a eu de plus en plus de burqa. Et puis il y a eu des prières sur la voie publique (...) maintenant il y a dix ou quinze endroits où de manière régulière un certain nombre de personnes viennent pour accaparer les territoires", a dénoncé la vice-présidente du parti dans un discours de campagne interne, devant 250 à 300 adhérents du FN.

"Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c'est une occupation du territoire", a ajouté Marine Le Pen , sous les applaudissements.

"Certes y'a pas de blindés, y'a pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants", a poursuivi Marine Le Pen, qui a l'habitude de qualifier "l'islamisme" de "totalitarisme".

Marine Le Pen avait démarré son discours en affirmant que son passage jeudi soir dans l'émission politique " avait provoqué des "milliers d'adhésions".

Son rival à la tête du FN Bruno Gollnisch a protesté contre le fait de ne pas être invité à cette émission. Les adhérents du FN votent par courrier jusqu'au 13 janvier pour désigner le successeur de Jean-Marie Le Pen. Le "congrès de succession" aura lieu les 15 et 16 janvier à Tours.

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