L'opposition estime que les ventes d'armes à Kadhafi et sa visite à Paris en 2007 ternissent l'image de la France

Mouammar Kadhafi arrive à l\'Elysée pour une entrevue avec Nicolas Sarkozy, le 10 December 2007.
Mouammar Kadhafi arrive à l'Elysée pour une entrevue avec Nicolas Sarkozy, le 10 December 2007. (AFP - Franck Fife)

Le ministère français de la Défense a indiqué jeudi que la coopération entre la France et la Libye dans le domaine des ventes de matériel militaire a été "extrêmement mineure" depuis la levée de l'embargo international en 2004.Cette mise au point intervient alors que les se multiplient à l'encontre de la diplomatie française.

Le ministère français de la Défense a indiqué jeudi que la coopération entre la France et la Libye dans le domaine des ventes de matériel militaire a été "extrêmement mineure" depuis la levée de l'embargo international en 2004.

Cette mise au point intervient alors que les se multiplient à l'encontre de la diplomatie française.

Numéro d'équilibriste

"Rien ne permet de dire" que certaines des opérations conduites ces derniers jours par le régime de Mouammar Kadhafi contre les opposants "l'ont été avec des armements d'origine française", a déclaré le porte-parole du ministère, Laurent Teisseire.

En 2009, la totalité des "prises de commandes" réalisées par la Libye se sont élevées à 19 millions d'euros, soit "2 pour 1.000" du total des commandes passées à l'industrie française dans ce domaine (8,1 milliards d'euros), a-t-il indiqué. La même année, le montant des "matériels livrés" par la France à la Libye s'est élevé à 44,3 millions d'euros (à comparer aux 3,7 mds d'euros d'exportations au total), selon les chiffres du Rapport au Parlement sur les exportations d'armes de la France en 2009, paru en 2010.

Le plus gros contrat passé avec la Libye, en 2007 , portait sur la "remise en vol" de Mirage F1 vendus en 1973 à Tripoli qui n'étaient plus en état de voler, et il n'a été que "très partiellement exécuté", a-t-il souligné au cours du point de presse hebdomadaire de la Défense.

Marge de manoeuvre étroite pour M. Ollier

Déjà mis en cause avec sa compagne, la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, dans l'affaire de leur voyage en Tunisie quelques jours avant la chute de Zine Ben Ali, le ministre chargé des relations avec le Parlement, Patrick Ollier, a dû en outre s'expliquer sur son soutien au colonel Kadhafi.

"Je ne veux pas citer de nom, mais ils vont chercher les informations dans les caniveaux. Nous sommes salis en permanence", s'est défendu M. Ollier mercredi sur Public-Sénat. Plusieurs sites internet ont en effet mis en ligne les déclarations du ministre, ancien président du groupe d'amitié France-Libye à l'Assemblée nationale, lors de l'accueil controversé du dirigeant libyen à Paris en décembre 2007 (voir ici le reportage de France 2 de l'époque).

"Tout ce que j'ai fait à la présidence du groupe France-Libye était dans le souci qu'on avance vers la démocratie", a expliqué Patrick Ollier soulignant qu'à ses yeux Mouammar Kadhafi avait tenu tous ses engagements sur le plan international et regrettant l'actuelle dérive du colonel Kadhafi.

"Pendant dix ans, il n'y a pas eu de problème. Personne n'a jamais rien dit. Mais aujourd'hui, on se heurte à cette folie meurtrière qui semble avoir frappé le gouvernement libyen", a-t-il ajouté.

Le site d'informations Mediapart affirme que la quinzaine de voyages effectués depuis 2004 par Patrick Ollier à Tripoli, notamment lorsque sa compagne détenait le portefeuille de la Défense, étaient en rapport avec les marchés d'armement.

Gueant et Boillon également pointés du doigt

Le quotidien Libération évoque de son côté, jeudi, les voyages de travail effectués à Tripoli par le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant en 2009 et en 2010.

Citant le télégramme d'un diplomate américain dévoilé par WikiLeaks, 20 Minutes revient pour sa part sur le rôle du nouvel ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, lors de la libération en 2007 des infirmières bulgares détenues en Libye.

Déjà très critiqué pour s'en être pris à des journalistes lors de sa première conférence de presse en Tunisie, le diplomate a en outre vu ressurgir sur internet la vidéo d'une émission de Canal Plus de 2010 au cours de laquelle il a pris la défense de Moummar Kadhafi. S'il concède que le colonel Kadhafi a été un terroriste, il affirme alors que le dictateur a "fait son autocritique" et que "l'on a le droit au rachat".

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