L'eurodéputé Jean-Paul Besset a décidé de "renoncer à toute responsabilité" au sein du nouveau parti des écologistes

Cécile Duflot et Jean-Paul Besset lors d\'une conférence de presse, le 18 octobre 2010, à Paris.
Cécile Duflot et Jean-Paul Besset lors d'une conférence de presse, le 18 octobre 2010, à Paris. (AFP - Miguel Medina)

La noce a été brève. Trois semaines après avoir scellé son union aux Assises de Lyon, le couple Europe Ecologie-Les Verts (EELV) connaît un premier accroc.Dans une lettre aux responsables, Jean-Paul Besset, l'un des initiateurs de ce nouveau parti, a annoncé son départ. Et ce, à moins d'une semaine du premier conseil fédéral samedi à Paris.

La noce a été brève. Trois semaines après avoir scellé son union aux Assises de Lyon, le couple Europe Ecologie-Les Verts (EELV) connaît un premier accroc.

Dans une lettre aux responsables, Jean-Paul Besset, l'un des initiateurs de ce nouveau parti, a annoncé son départ. Et ce, à moins d'une semaine du premier conseil fédéral samedi à Paris.

Rien ne change

"Cette décision est mûrement réfléchie. Elle n'est le fruit ni d'un coup de tête ni d'un coup de blues", écrit ce proche de Nicolas Hulot dans son courrier daté du 6 décembre.

"Elle révèle l'impuissance que je ressens de plus en plus douloureusement face à une situation de conflit interne qui m'apparaît, en l'état, dominante, indépassable, broyeuse d'énergie et d'espérance", poursuit-il.

L'eurodéputé dénonce un "parti où nombre de Verts verrouillent une reproduction à l'identique, avec les mêmes têtes, les mêmes statuts, les mêmes pratiques, les mêmes courants, la même communication pseudo radicale, la même orientation servile vis-à-vis de la gauche" et "de l'autre côté, la Coopérative que certains veulent instrumentaliser en machine de guerre contre le parti".

Cohn-Bendit : EELV, "aujourd'hui, c'est quitte ou double"
Pour l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, ce départ sonne comme un ultime avertissement. "Aujourd'hui, c'est quitte ou double! La lettre de Jean-Paul va nous obliger à nous responsabiliser. Ca peut être salvateur pour notre mouvement. Mais si on ne prend pas conscience du truc, cela peut poser problème.", poursuit-il.

"Ca fait mal", a admis de son côté Cécile Duflot, mardi sur RMC. Mais "on doit être capable face aux enjeux de la crise climatique, "de mettre de côté nos petites différences", a ajouté la chef de l'exécutif d'EELV qui reconnaît avoir aussi parfois "des coups de mou".

"Le coup de pied dans la fourmilière de Jean-Paul doit nous permettre de rebondir politiquement" pour retrouver "unité et confiance", assure pour sa part Jean-Vincent Placé, ex-numéro deux des Verts qui appelle à se ranger derrière Eva Joly.

Vers un nouveau clivage ?
Pour les récalcitrants au rassemblement, le coup d'éclat de M. Besset corrobore leur analyse. "Ca confirme qu'il nous faut ne pas laisser l'écologie politique aux Verts 'reconstitués'", estime Franck Laval, porte-parole des Amis d'Europe Ecologie, présidé par Gabriel Cohn-Bendit, frère de "Dany".

Dimanche soir, un dîner s'est tenu entre les frères Cohn-Bendit, des membres de Cap21 présidée par Corine Lepage, absente à Lyon, et d'ONG. "Dany" y a expliqué que la coopérative n'était "pas un élément de lutte contre l'appareil" EELV.

Il n'empêche. A l'heure d'une difficile structuration, les responsables d'EELV n'ont guère besoin d'initiatives extérieures. D'autant qu'au sein de la famille, certains soupçonnent les Verts de vouloir écarter la candidature d'Eva Joly en 2012 au profit de Cécile Duflot ou Nicolas Hulot, chouchou des Français à en croire les sondages.

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