L'Assemblée nationale donne le droit aux députés de siéger sans veste ni cravate

François Ruffin (au centre) et Bastien Lachaud (à droite) sur les bancs de l\'Assemblée nationale, le 4 juillet 2017 à Paris.
François Ruffin (au centre) et Bastien Lachaud (à droite) sur les bancs de l'Assemblée nationale, le 4 juillet 2017 à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

Les députés de La France insoumise avaient revendiqué le droit de tomber la cravate dès le premier jour de la nouvelle législature.

Ils pourront siéger sans veste ni cravate (mais pas sans chemise ni pantalon). Petite victoire pour les députés de La France insoumise : la cravate et la veste ne seront plus des accessoires obligatoires pour les députés. Le bureau de l'Assemblée nationale a officiellement acté cette liberté vestimentaire, mercredi 19 juillet. "Le bureau a rappelé qu’aucune disposition réglementaire ne fix[e] la tenue vestimentaire des députés", détaille le compte-rendu de la réunion publié sur le site de l'Assemblée.

La décision va donner le sourire aux députés de La France insoumise qui avaient revendiqué ce droit dès la première séance de la législature. Bousculant les us et coutumes du Palais-Bourbon, ils avaient justifié leur choix par un rejet des codes vestimentaires imposés. "Je n'ai jamais porté de cravate dans ma vie – à part pour un mariage ou deux – et je ne pense pas que la cravate soit une exigence de mes électeurs", avait alors expliqué François Ruffin à franceinfo.

"Il ne fallait pas en faire un sujet politique"

"On a pris acte que la règle n'était plus respectée depuis plusieurs semaines. Il ne fallait pas en faire un sujet politique", explique au Lab le président LREM de l'Assemblée nationale, François de Rugy. Jusque-là, aucune disposition dans le règlement de l'Hémicycle n'imposait le port de la cravate, seulement "des règles pour la tenue du public en séance", rappelle une source parlementaire à l'AFP. Mais un compte-rendu d'une réunion du bureau en 2008 affirmait que le port de la cravate était "obligatoire" dans l'Hémicycle. 

"Attaché à ce qu'on applique des règles de neutralité", François de Rugy souhaite faire adopter des limites à la liberté vestimentaire, comme il l'explique au Lab : "Le bureau fixera quelques garde-fous. Notamment sur les insignes religieux ou autres, ou sur la question des uniformes militaires ou policiers qui n'ont pas leur place dans l'Hémicycle."