L'ancien ministre centriste est mort dans la nuit de mardi à mercredi à Paris à l'âge de 80 ans

Bernard Stasi lors d\'une conférence de presse de la commission de réflexion sur la laïcité le 16 février 2004
Bernard Stasi lors d'une conférence de presse de la commission de réflexion sur la laïcité le 16 février 2004 (AFP - MEHDI FEDOUACH)

Médiateur de la République de 1998 à 2004, il souffrait de la maladie d'Alzheimer. Il avait quitté la vie politique depuis plusieurs années.Dans les années 2000, il avait notamment présidé la Commission de réflexion sur la laïcité, dont le travail a été salué quasi-unanimement

Médiateur de la République de 1998 à 2004, il souffrait de la maladie d'Alzheimer. Il avait quitté la vie politique depuis plusieurs années.

Dans les années 2000, il avait notamment présidé la Commission de réflexion sur la laïcité, dont le travail a été salué quasi-unanimement

Le rapport Stasi, remis au président Jacques Chirac en décembre 2003, avait été à l'origine de la loi sur l'interdiction du port du foulard islamique dans les établissements scolaires.

Il est conn pour être un homme de dialogue et de conviction. Ami de Jacques Chirac, il était également proche de l'ancien premier ministre socialiste Michel Rocard. Au moment du limogeage de ce dernier en 1991 par le président Mitterrand, il avait signé une tribune dans Le Monde intitulé "Salut Michel !". Il avait été pressenti par Rocard pour entrer dans le "gouvernement d'ouverture" en 1988 après la réélection de François Mitterrand. Ce qu'il avait refusé.

Politiquement, l'homme incarnait un centrisme républicain fermement hostile à l'extrême droite et à ses idées. Sa condamnation du coup d'Etat du général Augusto Pinochet au Chili en 1993 lui avait valu de perdre en 1974 le seul portefeuille ministériel de sa carrière: le président Georges Pompidou lui avait attribué un an plus tôt le portefeuille des DOM-TOM.

D'ascendance italienne, cet homme de conviction, qui défendait inlassablement l'intégration des immigrés et la richesse de la diversité française, avait publié en 1984 un livre au titre provocateur "L'immigration: une chance pour la France". Il récidivait en 2007 avec "Tous Français". En janvier 2005, Bernard Stasi avait renoncé à présider la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), dont il avait présidé la mission de préfiguration en 2004-2005.

Une figure du centrisme
Né le 4 juillet 1930 à Reims (Marne), licencié en droit et diplômé de Science-Po, Bernard Stasi est affecté au ministère de l'Intérieur en 1959 à sa sortie de l'ENA. Issu de la promotion Vauban, il y a eu l'ancien président Jacques Chirac pour condisciple. En 1959, en pleine guerre d'Algérie, il se retrouve chef de cabinet du préfet d'Alger.

Par la suite, il devient conseiller technique au cabinet de Maurice Herzog au secrétariat d'Etat à la Jeunesse et aux Sports (1963-1966). Elu député de la Marne en 1968, il est constamment réélu jusqu'à son échec de 1993, qui crée la surprise. Figure emblématique de la région, Bernard Stasi, qui a présidé le conseil régional de Champagne-Ardenne de 1981 à 1988, paie alors ses croisades anti-FN.

Elu maire d'Epernay en 1970, il avait perdu sa mairie en 1977, avant de redevenir premier magistrat de la ville champenoise de 1983 à 2000. Député européen de 1994 à 1998, Bernard Stasi a été dans les années 80, premier vice-président du CDS, puis de Force Démocrate, auprès de François Bayrou (aujourd'hui président du Modem). François Bayrou qu'il a soutenu pour la présidentielle de 2007.

Réactions
Le président du Modem, François Bayrou, a salué "un combattant des causes justes" et "un homme debout".

Le ministre chargé des relations avec le Parlement, Patrick Ollier: "La France vient de perdre un de ses serviteurs dévoués et exemplaires" .

Vous êtes à nouveau en ligne