CARTE. L'UDI et le MoDem divisés dans 19 des 25 plus grandes villes

Le président de l\'UDI, Jean-Louis Borloo, et celui du MoDem, François Bayrou, lors du congrès du Mouvement démocrate, le 18 janvier 2014 à Paris.
Le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, et celui du MoDem, François Bayrou, lors du congrès du Mouvement démocrate, le 18 janvier 2014 à Paris. (MAXPPP)

L'Alternative, créée par François Bayrou et Jean-Louis Borloo, se heurte à de nombreuses résistances sur le plan local.

C'était il y a quatre mois, jour pour jour. Un siècle, une éternité. Onze ans après leur séparation, les frères ennemis du centre, Jean-Louis Borloo et François Bayrou, enterraient la hache de guerre devant les caméras, et fondaient l'Alternative, un mouvement censé rapprocher leurs partis respectifs, l'UDI et le MoDem. Signée début novembre, la charte actant cette union se voulait très claire : "Nous nous présenterons ensemble à toutes les élections, nationales, régionales et européennes". Pour les élections municipales, en revanche, des exceptions pouvaient être tolérées.

Sauf que, quatre mois plus tard, ces exceptions s'avèrent bien plus nombreuses que prévu. Selon notre décompte, l'UDI et le MoDem défendront des positions divergentes dans dix-neuf des vingt-cinq plus grandes villes, là où l'attention médiatique est la plus forte. Car sur le terrain, les consignes nationales se heurtent bien souvent à de fortes résistances locales.

Les cas les plus compliqués sont sans doute à Strasbourg, Toulouse et Angers, où le MoDem préfère soutenir, dès le premier tour, le candidat UMP, plutôt que la liste UDI ! Dans d'autres villes, comme à Dijon ou à Tours, le parti de François Bayrou a choisi de rouler pour le Parti socialiste plutôt que pour la liste UMP-UDI. Troisième cas de figure : le MoDem présente une liste autonome, mais sans le soutien de l'UDI, comme à Grenoble ou à Nantes. Enfin, il arrive bien souvent que les consignes nationales du MoDem ne soient pas respectées par les instances locales : c'est le cas à Paris, Marseille, Lille, Montpellier, Amiens, Saint-Etienne…  


Officiellement, le MoDem estime que ces positions divergentes ne constituent pas un problème majeur. "Au niveau local, les lecteurs votent plus pour une personnalité et un projet que pour une étiquette politique. Dans la plupart des cas, les municipales sont des élections locales", fait valoir le vice-président du parti, Robert Rochefort, pour justifier les alliances à géométrie variable du mouvement de François Bayrou.

Une analyse que ne partagent absolument pas les amis de Jean-Louis Borloo. Vice-président de l'UDI, le député François Sauvadet déplore "un problème de positionnement politique" du MoDem et "un problème de leadership" de François Bayrou au sein de son propre mouvement. Porte-parole de l'UDI, le député Jean-Christophe Lagarde assure néanmoins que ces bisbilles "n'empêcheront pas l'UDI et le MoDem de faire campagne commune aux européennes". Mais "à la sortie de cette séquence, il faudra faire le bilan", ajoute-t-il : "A ce moment-là, soit le MoDem clarifiera sa règle et on poursuivra l'aventure, soit on arrêtera là". Voilà François Bayrou prévenu.

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