Jean-Marc Ayrault accueilli sans enthousiasme au Medef

(Charles Platiau Reuters)

Jean-Marc Ayrault a ouvert mercredi l'université d'été du Medef à Jouy-en-Josas dans les Yvelines. Face aux interrogations des chefs d'entreprises, le Premier ministre n'a pas fait de grandes propositions répétant seulement que la réforme de financement de la protection sociale se ferait l'an prochain "sans tabou".

La présence
d'un Premier ministre socialiste – une première pour un chef de gouvernement – à
l'ouverture de l'université d'été du Medef n'a pas laissé insensible à gauche.
Sur France Info, Jean-Luc Mélenchon a ainsi reproché au chef du gouvernement d'aller
faire "des risettes au Medef"
. Le Parti communiste s'est lui
demandé "combien de ministres viendront à la fête de l'Huma" .

Lors de son
discours d'ouverture, Jean-Marc Ayrault s'est "étonné de l'étonnement que
suscite"
sa présence à ce rendez-vous assurant venir dans "un esprit d'ouverture
et de confiance, attentif aux difficultés que vous rencontrez et à vos
propositions"
.

"Pas semblant d'aller mal" (Laurence Parisot)

Et le
Premier ministre a pu entendre les difficultés des patrons. Laurence Parisot,
la présidente du Medef, lui a ainsi de demander "d'entendre cette
vérité première : nous ne faisons pas semblant d'aller mal"
.  Elle
lui a également fait part des inquiétudes des chefs d'entreprise sur les
projets du gouvernement qui pourraient augmenter la pression fiscale et
pénaliser le financement des entreprises. Laurence Parisot a ainsi réclamé en
urgence des discussions autour de "la compétitivité-coût en
repensant le financement de la protection sociale"
.

Des applaudissements polis

Sur ce sujet, le chef de
gouvernement a assuré que les négociations se feraient "sans tabou"
.
Il a aussi encouragé les partenaires sociaux à accélérer les négociations sur
la sécurisation de l'emploi dont un volet fait débat : l'éventuelle
possibilité d'établir des accords dits de
compétitivité-emploi pour adapter les horaires et les salaires à la charge de
travail dans l'entreprise. "La responsabilité" de la France est de "redevenir
durablement compétitive"
, a expliqué le Premier ministre.

Plus qu'un calendrier et
des propositions, Jean-Marc Ayrault a voulu délivrer un message de confiance
aux chefs d'entreprises qualifiés de "forces vives du redressement
productif"
. Un long discours qui n'a guère suscité l'enthousiasme des
participants. Ils ont tout juste poliment applaudi Jean-Marc Ayrault. 

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