Jean-Luc Mélenchon: "A un moment ou un autre, le peuple va monter sur la scène"

Jean-Luc Melenchon soutient la grève des employés des fonderies du Poitou, à Ingrandes, le 12 septembre 2011.
Jean-Luc Melenchon soutient la grève des employés des fonderies du Poitou, à Ingrandes, le 12 septembre 2011. (AFP - Alain Jocard)

Candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon entend profiter de la 76e Fête de L'Humanité ce week-end pour lancer son programme pour 2012.

Candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon entend profiter de la 76e Fête de L'Humanité ce week-end pour lancer son programme pour 2012.

Vous souhaitez faire rentrer le débat de la gauche dans une nouvelle phase. Que vous voulez-vous dire ?

Jean- Luc Mélenchon (JL M.) : Nous voudrions que la débat à gauche vienne sur le contenu et qu'on sorte du nombrilisme du parti socialiste. La campagne est une chance, pas une corvée. Elle mérite qu'on échange pas qu'on actionne des monologues.

Sur quoi voudriez-vous débattre avec eux ?

JL M : Par exemple sur l'augmentation des salaires, la taxation des revenus du capital, les changements des Institutions de la République, le Traité de Lisbonne incompatible avec la moitié du programme du parti socialiste. On leur a fait une offre publique de débat à Grenoble, lors du "Remue-méninges à Gauche".

Nous avons par ailleurs invité tous nos amis à la Fête de l'Humanité : Cécile Duflot d'Europe-Ecologie Les Verts, Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière, Philippe Poutou du Nouveau Parti Anticapitaliste et tous les candidats qui participent à la primaire du parti socialiste...

Quels seront les points forts de votre discours dimanche ?

JL M : Ce n'est pas calé. Je n'écris jamais mes discours à l'avance. Dans l'immédiat, je veux m'imprégner de l'ambiance ici. Avec mes amis du Front de Gauche, nous avons une tâche essentielle dans cette fête : lancer le livre-programme "L'humain d'abord". L'objectif est que les 80.000 exemplaires soient distribués et que l'on expose nos idées.

Des millions de gens ne comprennent plus rien à rien. Ils perdent leur emploi, n'ont plus accès aux crédits, se retrouvent sans logement... ils sont complètement perdus.

Vous espérez les convaincre ?

JL M. 60% des Français ne sont pas déterminés pour 2012.

La campagne est longue et la situation est à rebondissement permanent. Regardez les questions qui ont surgi ces dernières semaines. L'euro survivra-t-il ? L'Union Européenne a-t-elle encore un sens sans l'euro ?

Il y aussi des candidats qui disparaissent, Dominique Strauss-Kahn, Olivier Besancenot et ceux qui apparaissent, Jean-Louis Borloo par exemple. Quant au parti socialiste, c'est "stupeur et tremblement", ils sont six mais on ne sait toujours pas quel est leur candidat.

Si je vous comprends bien, le jeu est ouvert pour la présidentielle ?

JL M. La caractéristique du moment historique que l'on vit est que tout est possible.

Je suis certain, qu'à un moment ou un autre, le peuple va monter sur la scène.

Si vous êtes élu en 2012, réformez-vous les médias ?

JL M. C'est une urgence. La révolution dans les médias est une urgence, sociale d'abord.

Les conditions des gens de la presse sont vertigineuses: les CDD, les précaires..., à tel point que la qualité de l'information est gravement menacée avec des réactions moutonnières et des mises à l'écart des médias de pans entiers de la population. Je pense entre autres aux ouvriers.

Il y a ensuite une crise du modèle économique de la presse et la question de l'aide publique se pose. Où on est pour, ou on est contre mais on ne peut pas se contenter d'un saupoudrage. Il faut aller faire les poches de ceux qui ont l'argent et organiser la répartition des ressources publicitaires.

Enfin, concernant l'audiovisuel, il faut couper le lien total entre entre le pouvoir politique et les nominations sur les chaînes publiques.

Vous êtes à nouveau en ligne