VIDEO. Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur : "Il y a des comportements qu'on ne peut plus accepter de la part d'hommes de pouvoir", estime Rachida Dati

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

"Peut-on encore accepter qu'un homme, compte tenu de son statut, demande des faveurs sexuelles ou des actes forcés en contrepartie de quelque chose ?", fustige la maire Les Républicains du 7e arrondissement de Paris.

"Il y a des pratiques et des comportements qu'on ne peut plus accepter de la part d'hommes de pouvoir (…) et a fortiori quand on est ministre de l'Intérieur", a estimé Rachida Dati, maire Les Républicains du 7e arrondissement de Paris et ancienne garde des Sceaux, vendredi 17 juillet sur franceinfo, à propos de Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol.

Rachida Dati a publié une tribune dans Le Monde dénonçant la nomination de Gérald Darmin au ministère de l’Intérieur. "Emmanuel Macron envoie les pires symboles aux femmes victimes de violences", a-t-elle écrit. "Cette tribune, je l'ai écrite en raison d'une urgence, une urgence à rappeler que des pratiques et des comportements qu'on ne peut plus accepter de la part d'hommes de pouvoir, quel que soit le milieu ou le secteur", a dénoncé l'ancienne ministre de la Justice.

L'enquête pour "abus de faiblesse" visant l’ancien ministre des Comptes publics avait été classée sans suite dans un premier temps, puis en novembre 2018, la Cour de cassation a demandé à la cour d'appel de réexaminer le dossier. Elle a ordonné le 11 juin dernier la reprise des investigations.

Une "atteinte grave à la dignité des femmes"

Selon Rachida Dati, la question "ce n'est pas de savoir si c'est pénal ou pas. Mais est-ce qu'on peut encore accepter qu'un homme, compte tenu de sa position, de son statut, demande des faveurs sexuelles ou des actes forcés en contrepartie de quelque chose ? Je trouve que c'est quand même une atteinte grave à la dignité des femmes", a-t-elle affirmé.

On a peur de parler ou de dénoncer ces actes. Pourquoi ? D'abord parce que souvent, leur parole n'est pas crue.

Rachida Dati

à franceinfo

La maire du 7e arrondissement de Paris affirme avoir reçu "des centaines de messages" de femmes après la publication de sa tribune dans Le Monde. Des femmes qui évoquent la peur, explique-t-elle : "Elles ont peur de représailles de la part de ces hommes de pouvoir. Quand vous lisez cette tribune, c'est une tribune qui concerne la peur, la peur de dénoncer, la peur de parler."

Rachida Dati, ancienne magistrate, a balayé l’argument de la présomption d’innocence : "Est-ce que j'ai mis en cause la présomption d'innocence ? J'y suis très attaché. La présomption d'innocence est indissociable de l'État de droit auquel je suis foncièrement, fondamentalement attaché", a-t-elle expliqué.

La présomption d'innocence ici n'est pas mise en cause. Il s'agit d'un comportement et d'une pratique que M. Darmanin, lui-même, a reconnus.

Rachida Dati

à franceinfo

Le Premier ministre a défendu jeudi au Sénat la nomination de Gérald Darmanin à l’Intérieur. "Nous assistons à des dérives qui sont inadmissibles", a déclaré Jean Castex. "La dérive inadmissible, c'est d'avoir comme ministre de l'Intérieur quelqu'un qui a un comportement et des pratiques indignes", a répondu Rachida Dati.

L’ancienne magistrate pointe aussi une situation inconfortable pour les policiers qui sont chargés d’interroger leur patron : "M. Darmanin va être convoqué. Il va être convoqué par qui ? Qui va lui apporter la convocation ? C'est la police. Il va être convoqué par ceux dont il a la responsabilité hiérarchique. Il va être interrogé par quelqu'un dont la carrière dépend de M. Darmanin", a-t-elle précisé.

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