Lutte contre les violences sexuelles : le nouveau gouvernement "n'envoie pas un bon signal", estime l'ex-responsable d'EELV Sandrine Rousseau

Sandrine Rousseau, ex-secrétaire nationale adjointe d\'EELV, fondatrice de l’association \"Parler\", le 11 mars 2017 à Paris.
Sandrine Rousseau, ex-secrétaire nationale adjointe d'EELV, fondatrice de l’association "Parler", le 11 mars 2017 à Paris. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Les associations féministes déplorent les nominations dans l'équipe gouvernementale d'Éric Dupond-Moretti à la Justice et de Gérald Darmanin à l'Intérieur, pourtant visé par une enquête pour viol.

"Je pense que le gouvernement dans son ensemble n'envoie pas un bon signal en matière de lutte contre les violences sexuelles", a estimé Sandrine Rousseau, ex-secrétaire nationale adjointe d'EELV, fondatrice de l’association "Parler", mardi 7 juillet, après le remaniement ministériel"Il y a des ministres dont on peut nourrir quelques inquiétudes quant à leur engagement sur cette lutte", a-t-elle poursuivi, citant Gérald Darmanin (Intérieur) et  Éric Dupond-Moretti (Justice).

Éric Dupond-Moretti "n'a quasiment jamais défendu de femmes"

"Éric Dupond-Moretti ne parle quasiment jamais de femmes. Je crois qu'il n'a jamais ou quasiment jamais défendu de femmes [en tant qu'avocat], en tous les cas pas dans de grands procès. Et au moment du mouvement #metoo, il était extrêmement inquiet et il l'a dit de nombreuses fois sur l'ensemble des plateaux", a rappelé Sandrine Rousseau, qui avait porté plainte en 2017 contre l'ex-député écologiste Denis Baupin pour agression sexuelle (des faits non poursuivis car prescrits).

"Il va falloir que le ministre de la Justice ne soit plus l'avocat qui défendait les personnes accusées de viol mais qu'il soit le ministre de la Justice des femmes, des hommes et des femmes qui dénoncent des violences sexuelles", a-t-elle souligné, tout en précisant qu'elle allait demander à Éric Dupond-Moretti "un rendez-vous, au nom de l'association" qu'elle préside pour "essayer de comprendre quelles sont ses intentions de ce point de vue".

Gérald Darmanin accusé de viol

Concernant Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol, Sandrine Rousseau a pointé des risques de "conflits d'intérêts" : "Il y a une enquête en cours, il n'est pas mis en examen, donc il y a la présomption d'innocence", mais "cette plainte pour viol va devoir être instruite par des policiers". Or, "le chef des policiers, c'est Gérald Darmanin", a souligné l'ancienne responsable EELV. "Il y a quand même un conflit d'intérêts qu'il s'agirait de lever pour rassurer tout le monde."

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