La relance comme priorité, la concertation pour méthode... Ce qu'il faut retenir de la première interview de Jean Castex, nouveau Premier ministre

Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, le 3 juillet 2020 à Matignon, lors de la passation de pouvoirs avec Edouard Philippe.
Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, le 3 juillet 2020 à Matignon, lors de la passation de pouvoirs avec Edouard Philippe. (HAMILTON / REA)

Le successeur d'Edouard Philippe a évoqué les grandes lignes de la mission confiée par Emmanuel Macron. Le "plan de relance" sera le premier grand chantier de Jean Castex.

"Je ne suis pas ici pour chercher la lumière." Jean Castex a donné, vendredi 3 juillet, sa première interview télévisée en tant que Premier ministre. "Je suis ici pour chercher des résultats (...), faire face à la crise économique qui s'annonce et (...) en sortir plus forts et plus solidaires", a-t-il déclaré sur TF1, quelques heures après la passation de pouvoirs avec Edouard Philippe, duquel il dit s'inscrire "dans la continuité".

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La composition du nouveau gouvernement devrait être annoncée dans les jours à venir, peut-être avant lundi, Jean Castex ayant indiqué son intention "d'aller vite" et de prononcer son discours de politique générale en milieu de semaine prochaine.

"Je ne suis pas ici pour chercher la lumière"

Interrogé sur son profil et ses ambitions, le nouveau Premier ministre a assuré ne pas avoir accepté cette fonction "pour rechercher la lumière", affirmant à plusieurs reprises vouloir servir la France.

"Je suis désormais Premier ministre. Je connais l'ampleur et la lourdeur de cette tâche. (...) La seule chose qui m'intéresse est de travailler pour mon pays et pour mes concitoyens, c'est ce que je fais depuis des années", a-t-il déclaré.

Se présentant comme "un homme politique enraciné, local, de la vie quotidienne des gens", il s'est dit "très fier" d'accéder à ses nouvelles fonctions. "Je mesure l'honneur qui est le mien de diriger le gouvernement d'un des plus beaux pays du monde, mais peut-être pas le plus facile à gouverner", a-t-il ajouté. "On ne vous propose pas souvent, surtout quand on est comme moi le fils d'une institutrice du Gers, de telles fonctions. J'ai ressenti cela avec une grande émotion et beaucoup d'humilité. On ne peut pas se dérober lorsqu'il s'agit de servir son pays."

"Responsabilité", "laïcité", "autorité" : les valeurs de ce "gaulliste social"

"Ce qui me définit le mieux en termes de parcours politique ? Je dirais que je suis un gaulliste social", car, a-t-il estimé, "pour maintenir la richesse, il faut d'abord la produire". Inconnu du grand public, Jean Castex a énuméré en quelques mots les valeurs qui, selon lui, le définissent politiquement. "Mes valeurs, c'est la responsabilité. On ne peut pas tout attendre de l'Etat, la société n'est pas systématiquement responsable de ce qui va mal, chacune et chacun d'entre nous peut agir pour son pays", a-t-il d'abord souligné.

"Mes valeurs, c'est la laïcité", a-t-il poursuivi. "Je ne peux pas admettre certains comportements, certaines déviances, certains replis sur soi, certains communautarismes." Le nouveau Premier ministre a enfin cité "l'autorité, gardienne des libertés fondamentales". "Bref, mes valeurs, comme je pense celles des millions de gens qui nous écoutent, ce sont les valeurs de la République", a-t-il résumé.

Le "plan de relance", premier chantier

Interrogé sur ce que serait son premier chantier, le nouveau Premier ministre a évoqué "le plan de relance du pays" et "la reconstruction", avec "des investissements stratégiques dans des secteurs d'avenir, notamment via la transition écologique et en privilégiant le dialogue social".

Jean Castex n'est pas davantage rentré dans les détails de ce plan "en cours de préparation, conduit sous l'autorité du Premier ministre sortant. "Je vais l'endosser afin qu'il soit présenté très rapidement", a-t-il assuré en se félicitant que la France ait pris "les dispositions les plus ambitieuses d'Europe" pour faire face à la crise du coronavirus. "Quand on est en crise, il faut continuer à soutenir l'économie, mais faire des choix judicieux, orientés, qui permettent de reconstruire, de gagner en souveraineté économique, d'avoir une France plus économe en matière d'environnement", a-t-il également affirmé.

L'écologie "au cœur des priorités"

Alors qu'un virage écologique est pressenti depuis la poussée des écologistes aux élections municipales, le nouveau Premier ministre a confirmé que l'écologie était bien "au cœur des priorités que le président de la République m'a chargé de mettre en œuvre". "L'écologie n'est pas une option, je crois qu'elle est désormais entrée dans toutes les têtes, elle transcende la classe politique", s'est-il félicité. S'il a dit vouloir "accélérer" sur la question, il n'a pas donné de détails sur la façon dont se concrétisera cet engagement.

Un "nouveau pacte social" comme méthode de gouvernement

Après les "gilets jaunes" et la mobilisation contre la réforme des retraites, Jean Castex assure vouloir faire de la concertation une "méthode" pour gouverner. "Avant de donner des solutions, je souhaite que l'on en discute avec la nation, les partenaires sociaux dans les territoires. Nous les associerons le plus possible à la recherche de solutions pour un nouveau pacte social", a-t-il expliqué.

Jugeant "l'approfondissement des relations avec les territoires" comme "un gage d'efficacité", Jean Castex a estimé "absolument indispensable de faire évoluer notre logiciel". "Tout ne peut pas se décider depuis Paris", a-t-il martelé.

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