VIDEO. En plein spectacle, l’humoriste Donel Jack’sman traité de "sale Noir"

BRUT

L'humoriste est revenu sur cet incident pour Brut.

Alors qu'il présentait son one man show, "On ne connaît pas, on ne juge pas", le dimanche 23 décembre à Nice, l'humoriste Donel Jacks'man a été la cible d'une insulte raciste par une personne du public. "J'étais sur scène en train de faire mon spectacle et j’entends 'sale Noir '’“, témoigne-t-il. Des mots que le comédien a dû mal à croire. "Là, je suis vraiment perdu parce que je me dis que ce n'est pas possible, on est au 21ème siècle, on est en France, on est dans un spectacle d'humour, ce n'est pas possible, je n'ai pas entendu ça." En pleine performance, Donel Jack’sman fait donc répéter au spectateur qui insiste, enthousiaste et sans gêne.

L'humour comme arme de défense

Malgré la colère, Donel Jacks'man ne se laisse pas emporter. "Là, en moi ça bout. J’ai des idées de violences, j’ai envie de descendre de la scène et que ça finisse aux mains. Mais j’ai un sursaut de lucidité ou de sensibilité ou de fragilité, je me dis : non ce n’est pas la bonne solution, je n’ai pas à répondre à la violence par la violence." Élégant, le comédien s'extrait de cette situation embrassante par son arme la plus efficace : l'humour. "Mais t'aurais dû fermer ta gueule, en fait. T'as mis ce qu'on appelle un malaise, qui n'apporte rien dans le spectacle à part de la gêne pour toi, tout le monde est gêné pour toi", a-t-il répliqué sous les rires jaunes d'un public perplexe. "Les gens ont ri, peut-être pensant que c’était un complice, c’était tellement gros ! C’est inimaginable qu'aujourd'hui quelqu'un puisse se lever et dire “sale Noir“ dans l'impunité la plus totale."

"Ça touche toute la France"

Donel Jacks'man compte porter plainte contre son agresseur. Une façon pour lui de soutenir les personnes qui vivent ça au quotidien. Pourtant, il assure que "le racisme n'est pas qu’une question qui doit intéresser que les Noirs ou que les gens victimes de racisme. C'est une question qui doit intéresser tout le monde, c'est une question d'ordre public, ça touche toute la France."

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