Voitures brûlées, agression imaginaire : l'ex-numéro 2 du FN de Seine-et-Marne écroué

Capture d\'écran du site internet d\'Adrien Desport, ex-numéro 2 du FN dans la Seine-et-Marne, le 10 juin 2015.
Capture d'écran du site internet d'Adrien Desport, ex-numéro 2 du FN dans la Seine-et-Marne, le 10 juin 2015. (ADRIENDESPORT.FR)

Il est soupçonné d'avoir commis des dégradations avant de dénoncer l'insécurité dans la ville de Mitry-Mory.

Un ex-responsable départemental Front national de Seine-et-Marne a été écroué mercredi 10 juin dans l'attente de son procès pour avoir incendié des voitures et inventé une agression alors qu'il dénonçait sur son blog "l'insécurité" dans sa commune. Adrien Desport, 25 ans, aujourd'hui suspendu du Front national, devait être jugé à Meaux en comparution immédiate aux côtés de cinq autres militants FN de Seine-et-Marne et du Val-d'Oise.

Les prévenus ayant demandé un délai pour préparer leur défense, le procès a été renvoyé au 15 juillet. Dans l'attente, Adrien Desport, décrit par le ministère public comme comme "le plus impliqué", a été placé en détention provisoire. Les autres (des étudiants, un commercial, une dresseuse canine) ont été mis sous contrôle judiciaire. L'enquête qui les vise a été ouverte par le parquet pour "destruction volontaire par incendie en bande organisée, dégradation volontaire de bien privé et dénonciation de délit imaginaire"

"Insécurité dans la ville"

Dans la nuit du 8 au 9 avril, une douzaine de voitures flambent à Mitry-Mory (Seine-et-Marne). Adrien Desport se fend le 12 avril d'un billet sur son blog sur ces "événements tragiques" et dénonce "l'insécurité dans la ville". Il remarque qu'"aucun suspect n’a été interpellé" alors qu'il dit avoir "vu le pyromane avec une voisine". Il vante la cellule "voisins vigilants" créée par le FN dans la commune et propose que la mairie vienne en aide aux propriétaires des véhicules. Fin mai, une plainte du FN est déposée.

Seulement, explique Le Parisien, les enquêteurs soupçonnent que les futurs prévenus aient commis eux-mêmes ces dégradations. Déjà, "fin mars 2015, [Adrien Desport] avait déposé plainte pour une agression à la bombe de gaz lacrymogène alors qu’il collait des affiches (...) : agression qu’il a inventée." Les quatre hommes auraient aussi tagué la voiture d'un militant FN dans le Val-d'Oise, un portail, une sonnette et la boîte aux lettres d'une militante, notamment avec des slogans contre le parti d'extrême droite.

Lors des perquisitions aux domiciles des mis en cause, les policiers ont saisi de la cocaïne ainsi que plusieurs effets appartenant à la police tels que des menottes, un gyrophare ou une bombe lacrymogène, selon le procureur. Adrien Desport a été "suspendu il y a une quinzaine de jours" du FN, selon le secrétaire général du parti, Nicolas Bay. 

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