"Découragé", le président du Comité pour la fiscalité écologique démissionne

Christian de Perthuis, au centre, lors de la remise d\'un rapport à Pierre Moscovici et Philippe Martin, alors respectivement ministres des Finances et de l\'Ecologie, le 18 juillet 2013.
Christian de Perthuis, au centre, lors de la remise d'un rapport à Pierre Moscovici et Philippe Martin, alors respectivement ministres des Finances et de l'Ecologie, le 18 juillet 2013. ( MAXPPP)

Christian de Perthuis estime que "le verdissement de la fiscalité" n'est pas une priorité de Ségolène Royal et du gouvernement.

L'annonce par la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, de la suspension de l'écotaxe a-t-elle été le coup de grâce pour Christian de Perthuis ? Quoi qu'il en soit, le président du Comité pour la fiscalité écologique, créé en décembre 2012, a présenté sa démission, lundi 13 octobre. L'institution était chargée de rendre des propositions pour "verdir la fiscalité". Un objectif dont l'économiste a le sentiment qu'il "n'est pas une priorité gouvernementale".

Des propositions aux ministères restées sans réponse

"Ça fait trois mois que j'ai fait des propositions de relance du comité. Comme je n'ai pas de réponse, il y a un moment où je me suis découragé." Christian de Perthuis avait pourtant été nommé à la tête de l'institution par François Hollande. "En l'absence de réponse de vos deux ministères, je comprends que les travaux conduits (...) ne répondent plus aux priorités du gouvernement" écrit-il dans sa lettre adressée à Ségolène Royal et au ministre des Finances Michel Sapin.

Pour la Fondation Nicolas Hulot (FNH), membre de ce Comité pour la fiscalité écologique, "il faut que le gouvernement rouvre d'urgence ce chantier si important du basculement vers une fiscalité plus écologique, confirme le comité et suive ses recommandations"Regroupant une quarantaine d'élus et de représentants des associations, des entreprises et des syndicats, le comité a rendu des avis très rarement retenus, en dehors de ses propositions sur la contribution climat énergie, sorte de "taxe carbone" finalement adoptée dans le budget 2014.