Hervé Morin retire sa candidature à la présidentielle

Hervé Morin, le 22 janvier 2012 à Nice (Alpes-Maritimes).
Hervé Morin, le 22 janvier 2012 à Nice (Alpes-Maritimes). (BEBERT BRUNO / SIPA)

L'ancien ministre de la Défense, qui s'était lancé dans la course à l'Elysée fin novembre, a finalement décidé de rentrer dans les rangs en ralliant la candidature de Nicolas Sarkozy.

Moins de trois mois après son entrée dans la course à l'Elysée, Hervé Morin, le candidat du Nouveau Centre, se retire de la course à la présidentielle en ralliant la candidature de Nicolas Sarkozy. Il l'annonce dans une interview au Figaro Magazine, qui sort vendredi, et dont Le Figaro.fr publie quelques extraits, jeudi 16 février. Pourtant, pas plus tard que mercredi 25 janvier, l'ancien ministre de la Défense assurait sa pleine et entière"détermination" : "Ma candidature, je compte bien la mener jusqu'au bout", insistait-il. Depuis, la promesse s'est quelque peu heurtée à la réalité. FTVi revient sur les raisons de cet abandon.

• Une candidature qui divisait profondément son propre parti

La plupart des ténors du Nouveau Centre (dont Hervé Morin est pourtant président) ne soutenaient pas leur ami dans sa démarche. Le ministre de la Fonction publique, François Sauvadet, le ministre de la Ville, Maurice Leroy, le numéro deux du parti, Jean-Christophe Lagarde, le patron des députés Nouveau Centre, Yvan Lachaud, ou encore le député André Santini, y étaient tous hostiles.

Seule une quinzaine de parlementaires sur quarante jugeaient "nécessaire", fin novembre, la candidature d'Hervé Morin. "Il serait inconcevable que notre famille (...) ne soit pas représentée à l'élection majeure de la Ve République", écrivaient-ils alors dans une lettre de soutien.

• Une candidature qui ne décollait pas dans les sondages

"0 %, c'est bon pour la santé dans le fromage blanc, mais c’est très mauvais dans un sondage !", raillait en novembre Jean-Christophe Lagarde au sujet de la candidature d'Hervé Morin. "Je ne resterai pas toujours à 1 %", lui avait répondu l'intéressé fin janvier. En vain. Dans le dernier baromètre Ipsos-Logica pour France Télévisions, l'ancien ministre de la Défense recueillait moins de 0,5 % d'intentions de vote. Bien trop peu pour prétendre à une quelconque influence dans l'entre-deux-tours.

• Une candidature qui peinait à récolter des parrainages

Autre cap qu'Hervé Morin avait le plus grand mal à franchir : celui des parrainages. "Je suis pilonné dans mon parti et l'Elysée fait pression sur les signatures", assurait-il il y a quelques jours au ParisienSelon son ami Philippe Vigier, député d'Eure-et-Loir cité dans Le Figaro, Morin n'était parvenu à récolter que 280 promesses de signatures. Et ce à moins d'un mois de la date limite du dépôt des 500 parrainages. 

• Une candidature qui se heurtait aux menaces de l'UMP pour les législatives

Dernier obstacle majeur au maintien de la candidature d'Hervé Morin : les investitures pour les législatives de juin prochain. Dès l'automne, l'UMP - par la voix de son secrétaire général, Jean-François Copé - avait menacé d'investir des candidats face aux députés sortants Nouveau Centre qui soutiendraient Hervé Morin. De quoi en refroidir plus d'un. La détente avait toutefois été amorcée fin janvier, Jean-François Copé annonçant que l'UMP ne présenterait pas de candidat dans la circonscription que brigue Hervé Morin dans l'Eure. 

• Et maintenant ?

Au final, l'ancien ministre a préféré jeter l'éponge. Et rallier celui dont il dressait pourtant un portrait particulièrement sévère, dans un ouvrage publié en mai 2011 et intitulé Arrêtez de mépriser les Français. Hervé Morin fustigeait "une représentation du pouvoir" de Nicolas Sarkozy "à son image : brutale, outrée, parfois indécente". Et dénonçait, sur le fond, une "stratégie du derviche tourneur" menée par un homme qui "manque de vision à long terme". 

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