Halal/casher : François Fillon critique des "traditions ancestrales", le Crif "choqué"

François Fillon
François Fillon (AFP)

François Fillon a suggéré lundi sur Europe 1 aux grandes religions de revenir sur les "traditions ancestrales" d'abattage rituel des animaux, qui ne correspondent plus aujourd'hui "à grand-chose". Le Crif s'est dit "choqué" par cette déclaration.

François Fillon a suggéré lundi sur Europe 1 aux grandes religions de revenir sur les "traditions ancestrales" d'abattage rituel des animaux, qui ne correspondent plus aujourd'hui "à grand-chose". Le Crif s'est dit "choqué" par cette déclaration.

Le Premier ministre a suggéré à l'islam et au judaïsme, lundi 5 mars, de revenir sur les "traditions ancestrales" d'abattage rituel des animaux, tout en précisant que ce n'est ni le "jour ni le moment" d'ouvrir ce débat.

Le président du du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, s'est dit "choqué" dans la soirée par cette déclaration "stupéfiante".

M. Prasquier a également commenté la proposition du chef de l'Etat d'étiqueter la viande "en fonction de la méthode d'abattage" : "Il semble que le candidat Sarkozy n'ait pas tout à fait les mêmes positions que le président Sarkozy. Je le constate."

Des traditions qui n'ont plus grand-chose à voir avec l'état de la science

En pleine polémique sur la viande halal, le Premier ministre, s'exprimant à titre personnel, avait estimé sur Europe 1 lundi matin que "les religions devaient réfléchir au maintien de traditions qui n'ont plus grand chose à voir avec l'état aujourd'hui de la science, l'état de la technologie, les problèmes de santé".

"On est dans un pays moderne, il y a des traditions qui sont des traditions ancestrales, qui ne correspondent plus à grand-chose alors qu'elles correspondaient dans le passé à des problèmes d'hygiène", avait enchaîné M. Fillon.

Une polémique sans cesse alimentée

Au risque de lasser les électeurs, la polémique sur le halal dure depuis plusieurs jours.

Marine Le Pen avait lancé la controverse en déclarant que de la viande halal non identifiée comme telle était vendue en Ile-de-France.

Le ministre de l'intérieur Claude Guéant avait, lui, affirmé vendredi 2 mars lors d'une réunion électorale près de Nancy que le vote des étrangers pourrait conduire au "halal obligatoire" dans les cantines, phrase avec laquelle Nathalie Kosciusko-Morizet a pris ses distances dimanche.

Enfin, Nicolas Sarkozy s'est prononcé samedi à Bordeaux en faveur de "l'étiquetage de la viande en fonction de la méthode d'abattage".

Lundi dans l'Aisne, il est revenu sur le sujet devant la presse : "Un sondage disait il y a dix jours que le premier sujet de préoccupation des Français, c'est cette question de la viande halal", a-t-il lancé, alors qu'il avait jugé le 21 février qu'il s'agissait d'une "polémique qui n'a pas lieu d'être".

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