Habitat : "une fausse annonce", selon le Monsieur logement de François Hollande

Thierry Repentin en 2010
Thierry Repentin en 2010 (JOHANNA LEGUERRE / AFP)

Nicolas Sarkozy avait promis dimanche soir une annonce "très forte" en matière de logement. La mesure présentée par le chef de l'Etat (possibilité d'augmenter de 30% le COS) est qualifiée de "fausse annonce" par le M. logement de François Hollande.

Nicolas Sarkozy avait promis dimanche soir une annonce "très forte" en matière de logement. La mesure présentée par le chef de l'Etat (possibilité d'augmenter de 30% le COS) est qualifiée de "fausse annonce" par le M. logement de François Hollande.

"Une fausse annonce qui ne vise qu'à conforter ceux qui ont déjà un patrimoine et qui ne fera pas construire de logements sociaux" : c'est ainsi que Thierry Repentin, sénateur socialiste de Savoie et conseiller logement de François Hollande a qualifié, pour Présidendielle 2012, la mesure annoncée dimanche par Nicolas Sarkozy concernant le logement.

Nicolas Sarkozy avait affirmé dimanche soir : "Nous allons prendre une décision extrêmement forte sur la question du logement, que le Premier ministre présentera au parlement dès le mois de février. Dans les trois ans qui viennent, tout immeuble verra ses possibilités de construction augmenter de 30%. Concrètement, vous avez un pavillon en banlieue, vous aurez le droit de construire 30% de plus sur ce pavillon".

'Dispositions vertueuses"

Pour M. Repentin, il s'agit d'une mesure "décalée" qui ne permet pas de construire davantage. Mais cela arrange "les propriétaires qui vont voir leur terrain augmenter".

Le sénateur de la Savoie ironise sur la "forte" annonce présidentielle : "c'est une disposition qui existe déjà dans le code de l'urbanisme. Mais, précise-t-il, le code de l'urbanisme soumet ce surcroit de construction à des dispositions vertueuses en matière d'environnement et en matière sociale".

Les communes peuvent déjà augmenter leur "coefficient d'occupation des sols" (COS) dès lors que "la construction nouvelle intègre des critères de qualité énergétique". Elles peuvent aussi augmenter le COS de 50% (plus que ce qu'a annoncé le président) "sous réserve que cela soit pour du logement social", explique M. Repentin qui rappelle que de toutes les façons les communes restent maîtresses de leur décision en matière d'urbanisme.

Le question clef du logement : le financement

Un point de vue partagé par Benoît Hartmann, patron de France Nature Environnement, pour qui cette annonce revient à étendre à tous les logements un "bonus" existant déjà pour les bâtiments performants en matière énergétique mis en place par la loi Grenelle 2.

Pour M. Repentin, la question clef du logement c'est le financement, et donc en partie le foncier. Or, précise-t-il, "dans le programme de François Hollande nous prévoyons la mise à disposition des terrains publics aux collectivités locales, une modification de la loi SRU qui imposera désormais 25 % de logements sociaux (sous peine de sanctions multipliées par cinq), et une modification sur la fiscalité du foncier destinée à faciliter la construction".

Le Monsieur logement du candidat socialiste voit cependant un point positif dans l'annonce présidentielle. "Je constate que le président a été obligé de parler du logement" car le candidat socialiste a "imposé ce thème dans la campagne".

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