Guadeloupe: fin de grève tendue

Signature de l\'accord qui met fin à la grève générale en Guadeloupe, le 4 mars 2009.
Signature de l'accord qui met fin à la grève générale en Guadeloupe, le 4 mars 2009. (© France 2)

Plusieurs milliers de synpathisants du LKP ont défilé à Pointe-à-Pitre samedi après l'accord mercredi de fin de conflit

Plusieurs milliers de synpathisants du LKP ont défilé à Pointe-à-Pitre samedi après l'accord mercredi de fin de conflitPlusieurs milliers de synpathisants du LKP ont défilé à Pointe-à-Pitre samedi après l'accord mercredi de fin de conflit

L'accord prévoit une reprise de l'activité normale en Guadeloupe après 44 jours de grève.

Une enquête judiciaire a été ouverte après les propos d'Elie Domota : "Soit ils appliqueront l'accord, soit ils quitteront la Guadeloupe (...). Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l'esclavage", avait-il déclaré.

Une référence directe aux descendants de colons blanc, accusés de monopoliser les richesses. Ce qui ravive le spectre de tensions raciales dans une île à l'histoire marquée par l'esclavage.

Tandis qu'une bonne partie du patronat guadeloupéen reste opposé à l'accord conclu dans la nuit de mercredi à jeudi pour mettre fin au conflit, Elie Domota a appelé à boycotter les entreprises refusant de l'appliquer, notamment dans la grande distribution.

"L'accord en lui-même est extraordinaire parce qu'il remet en question des fondements coloniaux de la société guadeloupéenne", a déclaré samedi à Paris Rovelas Josse, membre du CLKP, organisateur d'un rassemblement qui a réuni 200 personnes place de la République, selon la préfecture de police.

"Mais il a un point faible, la non signature de Medef qui empêche une grande partie des travailleurs de Guadeloupe d'en bénéficier", a-t-il ajouté. "Il n'y a pas de raison que le Medef fasse le rigolo alors qu'on vient de lui donner de l'argent, puisqu'il y a des banques dans le Medef".

L'accord de sortie de crise


Après 44 jours de grève, un accord de sortie de crise a été signé mercredi par le préfet Nicolas Desforges et le LKP, mouvement à l'origine de la grève générale en Guadeloupe.

Le texte, extrêmement détaillé, compte 165 articles, et traite de sujets aussi divers que le prix de la baguette, l'embauche d'enseignants ou l'octroi de billets d'avions à prix réduits. Il récapitule les avancées obtenues depuis le dépôt, le 20 janvier, des 146 revendications du LKP pour accroître le pouvoir d'achat.

L'accord "Jacques Bino", signé par les organisations patronales minoritaires, qui prévoit une augmentation de 200 euros des bas salaires, lui est annexé.

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