Les prisons vont ouvrir leurs portes au grand débat

L\'entrée de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le 17 octobre 2018. 
L'entrée de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le 17 octobre 2018.  (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, participera à l'un des premiers débats organisés en détention dans les jours qui viennent.

Le grand débat national s'invite partout. L'initiative lancée par Emmanuel Macron pour tenter de sortir de la crise des "gilets jaunes" sera aussi organisée en prison, où les détenus qui le souhaitent pourront faire part de leurs doléances et participer, a indiqué l'Administration pénitentiaire, mardi 12 février.

Nicole Belloubet s'est dite à plusieurs reprises "très favorable" à la tenue du débat dans les prisons. "Je le souhaite et je pourrais y participer", a même déclaré la ministre de la Justice fin janvier sur RTL. Elle participera à l'un des premiers débats organisés dans les jours qui viennent, a ajouté son entourage, sans toutefois donner de date précise.

"Salah Abdeslam ne participera pas à un débat sur la fiscalité verte"

"Il y a une demande au sein des établissements. Des détenus disent que si le débat se tient, ils iront. Tous ceux qui le souhaitent pourront s'inscrire et participer, à l'exclusion des personnes sous le coup de mesures disciplinaires ou présentant un risque particulier pour la sécurité", a précisé la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP).

Seront probablement exclus la plupart des personnes détenues pour des faits de terrorisme ou sous le statut DPS (détenu particulièrement surveillé) pour des raisons de sécurité, a précisé une source pénitentiaire, expliquant que "non, Salah Abdeslam [dernier survivant du commando jihadiste du 13 novembre 2015] ne participerait pas à un débat sur la fiscalité verte".

"L'immense majorité des détenus n'est pas privée du droit de vote. Et même un détenu privé de ses droits civiques ne doit pas être privé du droit de débattre", a encore ajouté la DAP, rappelant que la participation aux débats publics s'inscrivait dans une démarche de réinsertion dans la société. Les 188 prisons françaises comptent environ 70 000 détenus, dont plus de 20 000 sont en attente de leur procès.

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