Le grand débat, un "vrai moment démocratique" pour le maire de Trèbes, qui s'est greffé à une période "très difficile"

Le maire de Trèbes, Éric Menassi, aux funérailles des victimes de l\'attaque terroriste du 23 mars 2018.
Le maire de Trèbes, Éric Menassi, aux funérailles des victimes de l'attaque terroriste du 23 mars 2018. (BOYER CLAUDE / MAXPPP)

L'élu de l'Aude se dit à la fois "impatient et optimiste", alors que le Premier ministre Edouard Philippe présente lundi les conclusions du grand débat.

Le maire de Trèbes Éric Menassi a estimé dimanche sur franceinfo que le grand débat avait été "un vrai moment démocratique" qui s'est greffé à une période "très difficile" pour la commune, théâtre l'an dernier de l'attentat au cours duquel Arnaud Beltrame a perdu la vie, puis de fortes inondations. Pour le maire socialiste, un "geste fort en matière de pouvoir d'achat serait le bienvenu".

franceinfo : le 18 janvier à Souillac dans le Lot vous avez participé au grand débat. Que reste-t-il près de 4 mois après ?

Éric Menassi : la ville de Trèbes a traversé au cours de ces derniers mois des périodes extrêmement difficiles [l'attentat au cours duquel le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame a perdu la vie, de fortes inondations, ndlr]. Le grand débat s’est greffé à cette période très difficile. Je crois que nos concitoyens ont une forte attente, beaucoup de sujets ont été évoqués. Je retiens le pouvoir d’achat, la nécessité d’être plus entendus. Je retiens également que les territoires ruraux doivent pouvoir s’exprimer plus encore. Mais je pense que c’était un vrai moment démocratique qui nous a permis à nous les élus locaux de pouvoir non pas organiser mais faciliter les débats. La population s'en est emparée et j’en suis ravi.

Pensez-vous qu’à l’arrivée ça va avoir une utilité ?

Il faut attendre la restitution du Premier ministre. Je pense que nos concitoyens ont été et doivent toujours être exigeants, c’est une nécessité absolue. Je crois que nous devons aussi tous ensemble être réalistes. Je ne doute pas qu’il y aura des propositions demain, qui vont aller dans le sens du pouvoir d’achat, d’une meilleure démocratie peut-être participative. Je suis à la fois impatient et optimiste parce que je ne doute pas que le bon sens prendra le pas rapidement.

Estimez-vous que le gouvernement va renverser la table, ou que des mesures seront prises à dose homéopathique, sans changement de cap radical ?

Le mouvement des "gilets jaunes" initié en novembre dernier a fortement bouleversé l’opinion publique et marquera à mon sens durablement notre société. Je crois qu’il y a une prise de conscience collective qui, au travers de ces revendications aussi diverses que variées, dénotent un profond malaise dans notre société dans bien des domaines. Les élus locaux ont été au premier rang de ce mouvement, beaucoup d’entre eux sont dans une souffrance forte car les territoires ruraux sont parfois isolés, esseulés. Le pouvoir d’achat est une préoccupation importante pour nos concitoyens et un geste fort en matière de pouvoir d’achat, que ce soit pour les actifs les retraités ou les plus modestes, serait le bienvenu.

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